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Israël: fracturée, la coalition gouvernementale menace de s'effondrer

Session de la Knesset, le 24 juin 2015 à Jérusalem
GALI TIBBON (AFP/Archives)

Malgré une réunion à huis clos dans la nuit de lundi entre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense Avigdor Lieberman pour négocier une issue à la crise gouvernementale actuelle, aucune solution ne semble avoir été trouvée et les spéculations sur des élections anticipées s'accentuent.

Confronté à une dangereuse crise au sein de la majorité qui s'est largement aggravé depuis ces derniers jours, le gouvernement de Netanyahou demeure en place pour le moment après un compromis provisoire lundi sur la conscription des jeunes religieux.

Satisfaisant d'un côté les partis orthodoxes de la coalition, la mesure a cependant eu l'effet inverse chez le ministre de la Défense et les membres de son parti Israel Beitenou qui menacent à leur tour de quitter le gouvernement.

"Vous ne pouvez pas attendre qu'Israel Beitenou vote en faveur de ce projet de loi, tout comme vous ne pouvez pas attendre que le Shas (droite religieuse ultra-orthodoxe) vote en faveur des bus à Shabbat", a-t-il réaffirmé mardi, menaçant implicitement de quitter la coalition.

Gali Tibbon (AFP)

Si Avigdor Lieberman ne veut pas plier devant les religieux, quitte à abandonner son poste de ministre de la Défense et fragiliser son parti lors de futures élections, les partis orthodoxes ont eux aussi beaucoup à perdre en cas de dissolution du gouvernement.

Profil bas pour les partis religieux

Le parti Judaïsme unifié de la Torah, à l'origine de cette crise après avoir refusé de voter le budget 2019 avant que la loi sur l’exemption militaire pour les étudiants des écoles talmudiques ne soit passée, se trouve aujourd'hui divisé. De plus, des élections anticipées risqueraient d'avoir pour effet d'exclure les partis orthodoxes de la prochaine coalition, perdant ainsi leur influence sur la scène politique.

D'un côté, le vice-ministre des Finances, Moshe Gafni, se serait dit prêt à plus de flexibilité sur la procédure d'adoption de la loi d'exemption, mais se trouve confronté à l'intransigeance du vice-ministre de la Santé, Yaacov Litzmann qui exige que la loi soit adoptée avant le vote du budget.

Au Shas, la discrétion est de rigueur après les déboires judiciaires de son leader Aryeh Deri, également ministre de l'Intérieur, visé dans une enquête pour corruption.

Pour le centre droit Koulanou, l'ultimatum est clair: si le budget n'est pas voté avant les fêtes juives de Pessah (avril),  son leader le ministre des Finances, Moshe Kahlon, quittera la gouvernement malgré sa volonté de mener à bien ses réformes en cours notamment celle sur la baisse des prix de l'immobilier.

Le parti du Foyer juif (droite), pour sa part ne voit pas grand intérêt à une dissolution du gouvernement, qui aurait pour seul effet de risquer de leur faire perdre les portefeuilles prestigieux de la Justice pour Ayelet Shaked, et l'Education pour Naftali Bennett.

Une opposition timide

Malgré les affirmations selon lesquelles l'opposition aurait "peur d'un nouveau vote", le Meretz (gauche), et Yesh Atid (centre gauche), ont finalement réclamé lundi soir de pouvoir voter la dissolution à la Knesset.

Avantage au Likoud

Le grand gagnant d'un éventuel scrutin serait finalement le parti au pouvoir, le Likoud, si bien que Netanyahou est soupçonné par ses adversaires et certains de ses alliés d'avoir provoqué ou du moins laissé enfler la crise afin d'asseoir sa légitimité alors que plane la menace de son inculpation dans des affaires de corruption.

En effet, différents sondages indiquent que les enquêtes n'ont pas affecté la popularité du Premier ministre, et révèlent également que son parti arriverait toujours en tête des votes en cas d'élections anticipées

S'il exhortait lundi Lieberman "à rester dans le gouvernement et à continuer ce partenariat en vue de garantir la sécurité, la stabilité et la prospérité à l'Etat d'Israël", le Netanyahou a toutefois assuré devant la Knesset quelques heures plus tard que "si des élections doivent avoir lieu, nous gagnerons".

Commentaires

(1)

Libermann va tout perdre s'il s'entête. Il n'est même pas sûr que son parti puisse siéger en cas d'élections anticipées.

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