Quantcast i24NEWS - Elie sans interdit: la paix économique, dernier espoir du conflit israélo-palestinien?

Elie sans interdit: la paix économique, dernier espoir du conflit israélo-palestinien?

Jacques Bendelac, Docteur en économie, chercheur en sciences sociales à Jérusalem, et Dan Catarivas, directeur des relations internationales du patronat israélien, le 6 mai 2018 dans Elie sans interdit

Là où les politiques ne parviennent pas à renouer le dialogue, là où les militaires ne parviennent pas à sortir de l'équation sécuritaire, d'autres en Israël et en Cisjordanie, lancent des projets pour renforcer au quotidien les liens entre Israéliens et Palestiniens. Cela suffit-il?

Elie Chouraqui a reçu dimanche dans l'émission "Elie sans interdit" deux économistes israéliens, et il s'est également rendu à Ramallah en Cisjordanie pour s'entretenir avec un ancien ministre palestinien, afin d'explorer les nouvelles pistes pour la paix entreprises par les deux parties en conflit.

"La paix économique, c'est pas nouveau", a précisé Jacques Bendelac, Docteur en économie, chercheur en sciences sociales à Jérusalem.

"Netanyahou a lancé l'idée en 2009 dans son célèbre discours de Bar Ilan, en préambule à une paix politique", a-t-il expliqué.

"L'idée est de développer des relations économiques entre Palestiniens et Israéliens, et d'améliorer le niveau des Palestiniens de façon à les détourner de la guerre et parvenir à un règlement du conflit", a-t-il indiqué.

"Mais ça ne marche pas", a-t-il dit car selon lui le politique ne suit pas. "Aucune des deux parties n' a trouvé le moyen de s'asseoir à une même table".

Souveraineté économique

Pour le directeur des relations internationales du patronat israélien, Dan Catarivas, le discours de Bar Ilan est une "grande erreur" commise par Benyamin Netanyahou car "ce que les Palestiniens ont compris, c'est qu'on voulait les acheter et pas travailler avec eux".

Ce que souhaitent les Palestiniens, selon Catarivas, c'est "une paix réelle c'est à dire d'avoir une souveraineté économique qui parle à la souveraineté économique israélienne, c'est à dire se parler d'égal à égal".

Catarivas a cependant confessé qu'"il y a aujourd'hui des compagnies High tech israéliennes qui travaillent à Gaza et qui emploient des ingénieurs sur place, mais ça se fait en silence". Parallèlement à cela, "il y a aussi plus de 130 000 Palestiniens qui viennent tous les jours travailler en Israël", mais cela ne suffit pas, estime le directeur des relations internationales du patronat israélien. Il plaide pour le développement d'un secteur privé.

"Il faudrait qu'il y ait un secteur privé arabe qui puisse prendre la responsabilité, et agir pour son bénéfice maximum et celui de sa population, mais on a pas de liberté d'action".

"Les politiques veulent contrôler les populations par le biais de l'économie, et veiller à ce qu'il n'y ait pas d'autres pôles de pouvoir qui se forment", a-t-il déploré.

"Tout passe par l'occupation israélienne"

Pour l'ancien ministre de l'eau de l'Autorité palestinienne, Shaddad Attili, les relations économiques entre Israël et les Palestiniens ne sont pas satisfaisantes.

"Notre économie est liée à l'économie israélienne, et nous sommes soumis à des restrictions de mouvements, notamment concernant l'exportation", a-t-il déploré. "On ne contrôle pas les frontières, tout doit passer par l'occupation israélienne", a-t-il encore dénoncé.

"On ne peut pas nier qu'il y a une occupation qui complique tout", a-t-il martelé, ajoutant qu'"il faut lier la paix économique à la résolution du conflit". 

"Comment vivre en paix quand on est sous l'occupation depuis 67?", a-t-il encore interrogé.

"Les gens ont perdu l'espoir de voir un Etat palestinien. En Cisjordanie, il n'y a plus d'espoir de créer un Etat palestinien", a-t-il conclu. 

Pour (re)voir l'intégralité de l'émission:

Commentaires

(1)

Et avant 1967 ils étaient sous occupations jordaniennes, et égyptiennes. Et cela ne les dérangeaient pas , il étaient pas millionnaire , il ne pouvait pas piquer la caisse .

8Article précédentIsraël va voter lundi un projet de loi contre le financement de l'AP aux familles de terroristes
8Article suivantIsraël: Lieberman défend la loi facilitant le processus de décision d'entrer en guerre