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La Chine s’invite à Tel Aviv lors du Dragon Boat Festival

Des participants sur leurs pirogues, lors du Dragon Boat Festival de Tel Aviv
Rami Gil

Vieille de plus de 2.500 ans, la fête chinoise des bateaux-dragons a pris ses quartiers à Tel Aviv depuis déjà plusieurs années.

Ce vendredi, dès 7h30 du matin, près de 40 équipes se sont réunies pour la septième édition du Dragon Boat Festival, au nord de la ville blanche, dans le parc HaYarkon.

"C’est la première fois que l’on a autant de participants", indique le club d’aviron Daniel Rowing Center, en charge de l’événement.

"Les gens nous contactent six mois à l’avance pour réserver leurs places !", précisent les organisateurs.

Lors de cette compétition, ils reçoivent deux soutiens de poids: l’un de la mairie de Tel Aviv, l’autre de l’ambassade de Chine dans l’Etat hébreu.

Son chargé d’affaires, Cai Weiming, prend la parole: "Cette compétition est un travail d’équipe, à l’image des relations entre la Chine et Israël. Nos partenariats ne font que commencer, ils sont en train de grandir", précise l’officiel.

Rami Gil

Peu après 8h00, les premières pirogues à têtes de dragons sont mises à l’eau.

Les équipes, composées de 10 pagayeurs et d’un musicien qui mène l’allure au bruit d’un tambour, s’installent dans les bateaux. Trente minutes plus tard, les premiers compétiteurs sont en place.

Côte à côte, le maire de la ville blanche, Ron Huldai, et Cai Weiming ouvrent les festivités. Ils déposent une dernière touche de peinture sur les pirogues pour dessiner les yeux des dragons et lancent du riz sur les participants, comme le veut la tradition.

Car ce festival chinois est basé sur une légende racontant qu’un ministre du roi de Chu dont les conseils n’étaient pas appliqués, Qu Yuan, se serait jeté dans une rivière pour s’y suicider, par désespoir…

N’ayant pas réussi à le sauver, les habitants de la région - qui appréciaient beaucoup cet homme, poète à ses heures perdues - auraient tout fait pour que son corps ne soit pas dévoré par les créatures de la rivière, notamment en les nourrissant avec du riz...

Ce matin à Tel Aviv, les dragons des pirogues ont donc eux aussi été rassasiés, de façon à conjurer le mauvais sort!

Victoire chinoise ou israélienne ?

Une fois le cérémonial terminé, avant même que la compétition ait commencé, tous rêvent déjà de victoire.

Plusieurs catégories sont représentées: les écoles et clubs de sport, les entreprises, mais aussi des groupes de familles ou d’amis. A bord de sa pirogue, chaque équipe devra parcourir un sprint de 350 mètres, pagayant aussi vite que possible sur la rivière Yarkon pour pouvoir gagner.

Gal Indik est le capitaine d’un groupe venu d’Akko. Leur particularité ? Faire compéter ensemble des Juifs, des Musulmans et des Druzes. Aujourd’hui, au sens propre comme au figuré, ils sont tous dans le même bateau.

"Le slogan de notre club c’est ‘Tous différents. Tous pareils’. Lors de cette course en équipe il faut savoir écouter l’autre, donner le meilleur de soi et faire confiance à chacun", indique le leader du groupe. "L’année dernière, on est arrivés deuxième. Cette année, on espère la première place !".

Rami Gil

Mais à quelques pas de lui, l’équipe des China Dragon, composée principalement de compétiteurs chinois, est toute aussi motivée…

"Nous avons gagné la course l’année dernière !", indique Liu Tiny, un étudiant pékinois qui fait son post-doctorat à l’université israélienne de Bar Ilan. "Cette année, ça va être plus dur… Nos adversaires israéliens se sont vraiment améliorés !", constate le jeune homme, accompagné d’un ami.

Pour l’un comme pour l’autre, ce festival chinois est un incontournable. Il est toutefois un peu différent à Tel Aviv, parce que "la rivière est plus petite", mais pas seulement: "Les Israéliens sont survoltés, il y a de la musique, des gens qui dansent… En général les Chinois sont timides, pour nous c’est un peu impressionnant", plaisante Bochen Liu, lui aussi en échange universitaire dans l’Etat hébreu.

"Promouvoir la culture chinoise en Israël"

En 2009, le festival du Bateau-Dragon a été inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le but principal de cet événement ludique et sportif est justement de "promouvoir la culture chinoise en Israël", précise Daniel Rowing Center.

Rami Gil

En marge de la course, plusieurs stands, tenus par des ressortissants chinois, ont été installés pour l’occasion. Petits et grands sont invités à écrire leurs prénoms à l’encre de Chine ou encore à assister à la cérémonie de la préparation du thé.

Après avoir compété, Chavi, une américaine vivant en Israël, a échangé sa pagaie pour des ciseaux. Aux côtés de Kaining Zhou, une étudiante chinoise, elle s’initie à l’art du papier découpé. "Je ne sais pas trop ce que ça va donner..." confie-t-elle, "mais c’est sympa, il y a beaucoup de diversité ici, à l’image de la ville de Tel Aviv", poursuit la mère de famille, originaire de Boston.

"La Chine se développe de plus en plus. Les gens s’intéressent à notre économie, mais aussi à notre gastronomie, à notre culture", confie quant à elle Kaining Zhou, qui étudie l’agriculture à l’université israélienne de Ben-Gurion.

Après avoir suivi les explications détaillées de la jeune pékinoise, Chavi déplie fièrement le flocon de neige qu’elle vient de s’appliquer à découper. Si elle ne recevra pas de médaille malgré la beauté de ce dernier, en ce qui concerne la compétition du Dragon Boat Festival, tout est encore jouable !

Laura Jeanneau est journaliste pour le site d'i24NEWS en français

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