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Analyse: Le cessez-le-feu à long terme entre le Hamas et Israël n'est pas à portée de main

Israeli air strikes target positions in Gaza, August 9 2018

On estime en Israël, à la fois sur le plan politique et sécuritaire, que le "grand accord" avec le Hamas ne se fera pas dans un avenir proche.

Les médiateurs égyptiens et l’envoyé de l’ONU n’ont même pas réussi à atteindre le hudna ("cessez-le-feu" en arabe), qui a été discuté ces dernières semaines par les médias arabes et occidentaux.

Les rapports détaillés à ce sujet n'étaient rien de plus qu'une guerre psychologique de la part des médiateurs et du Hamas, pour donner l'impression que le groupe terroriste était prêt à une trêve stable et à long terme si toutes ses demandes étaient satisfaites.

Il est maintenant clair que cet arrangement ne peut être mis en œuvre pour de nombreuses raisons, y compris à cause de l'opposition de l'Autorité palestinienne et Abu Mazen. Cette résistance est également une raison pour laquelle les États arabes ne sont pas au cœur des événements et ne contribuent pas au calme.

Dans le même temps, Jérusalem n'est pas prête à accepter le modèle de "petites confrontations" mises en place par le Hamas depuis fin mars et jusqu'à aujourd'hui.

Israël n'est pas prêt à ce que le Hamas continue à harceler les habitants du Néguev, en particulier les habitants proches de Gaza, en les dirigeant chaque semaine vers des abris, en perturbant leur routine quotidienne et en brûlant les champs.

Israël ne permettra pas au Hamas de continuer à appliquer "l'équation de dissuasion" que le dirigeant de l'organisation dans la bande de Gaza, Yahya Sinwar, a tenté de mettre en œuvre ces derniers mois, selon laquelle toute riposte de l'armée israélienne en réponse à une provocation du Hamas aurait entraîné des tirs de snipers, des lancement de roquettes et d'obus de mortier par le Hamas et le Djihad islamique.

Israël n'autorisera pas le Hamas à déclencher une nouvelle escalade et à l'arrêter par l'intermédiaire des médiateurs égyptiens et de l'envoyé de l'ONU dès qu'il commencera à l'attaquer.

En revanche, l’échelon politique à Jérusalem et le ministère de la Défense sont désormais d’accord pour affirmer qu’il n’est toujours pas nécessaire de lancer une opération de grande envergure dans la bande de Gaza, notamment une manœuvre de blindés, d’infanterie et d’ingénierie.

Il n'y a toujours pas d'intention de conquérir la bande de Gaza, d'en prendre le contrôle et de détruire le gouvernement du Hamas, comme l'armée israélienne s'y prépare et est prête à le faire dans quelques jours.

Escalade contrôlée

Malgré les informations sur un éventuel cessez-le-feu entre les deux camps, l’armée israélienne estime qu’elle peut opérer dans la bande de Gaza de manière à vaincre le Hamas et à porter gravement atteinte à sa force militaire jusqu'à ce qu'il tente de revenir aux accords qui ont mis fin à l'opération "Bordure protectrice" en août 2014.

Ces accords, qui comprenaient de nombreuses concessions des Palestiniens en échange d'un calme stable que le Hamas serait en mesure de respecter, ont mené à quatre années de calme et de prospérité dans le voisinage du Néguev occidental et de Gaza, facilitant ainsi le sort des habitants de Gaza.

Ce calme a finalement été rompu non pas à cause d’Israël, mais parce que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a décidé de cesser de verser des salaires aux employés de la bande de Gaza.

Mais aujourd'hui, on pense que ces accords peuvent être rétablis et apaisés par une escalade contrôlée des coups militaires que l’armée israélienne infligera à la bande de Gaza, non seulement depuis les airs, mais aussi depuis le sol.

Le premier signal indiquant que cette escalade a commencé a été reçu jeudi par les Palestiniens dans la bande de Gaza lorsque l’armée de l’air a détruit un bâtiment au premier étage duquel se trouvaient les bureaux de la sécurité intérieure du Hamas.

Les habitants ont été prévenus à l'avance et ont été invités à évacuer le bâtiment, puis plusieurs missiles ont été tirés sur lui.

Cette allusion vise à rappeler au Hamas, au Djihad Islamique Palestinien et à tous les groupes armés dans la bande de Gaza, la fin de l’opération "Bordure protectrice".

Beaucoup de ces bâtiments n'ont pas été restaurés à ce jour et l’immeuble que l’armée israélienne a détruit dans le quartier de Rimal à Gaza était le "carton jaune".

Après le retour des accords de "Bordure protectrice" et à la stabilisation du calme, des négociations directes et indirectes pourront être engagées auxquelles participeront le Hamas, les Egyptiens, le représentant des Nations unies, le Qatar, la Turquie et Israël.

Ensuite, nous pourrons évoquer le sujet épineux de la restitution des corps des soldats israéliens et des prisonniers détenus par le Hamas.

Comme indiqué, Israël espère qu’il sera possible de parvenir à une "escalade contrôlée" qui a déjà commencé et qui, selon des sources fiables, pourrait entraîner des assassinats ciblés de dirigeants du Hamas à Gaza.

En d'autres termes, Israël signale maintenant au Hamas qu'il est capable de renverser son régime non pas en occupant complètement la bande de Gaza et en y demeurant, mais grâce à ses opérations chirurgicales qu'il choisit dans le cadre des "escalades" que l'armée pourrait mener dans les prochains jours.

A partir de conversations avec des sources politiques et militaires, il est possible d’avoir l’impression qu’Israël donne une nouvelle chance au Hamas de comprendre le message pour mener les choses telles qu'elles se sont achevées lors de l'opération "Bordure protectrice" qui a abouti au calme qui a duré quatre ans.

Si le Hamas continue à provoquer Israël, estimant qu'il ne veut pas d'opération militaire terrestre dans la bande de Gaza, il pourrait être surpris de constater que depuis "Bordure protectrice", les forces israéliennes ont accumulé des capacités et des technologies opérationnelles pour atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza.

Le chef d'état-major, Gadi Eizenkot, a partagé certaines de ces options avec la sous-commission des Affaires étrangères et de la défense de la Knesset, dont les membres étaient convaincus de leur capacité.

Le Hamas ne devrait donc pas forcer Israël à prendre un "carton rouge" contre lui et devrait plutôt reconsidérer son approche.

Ron Ben-Yishai est reporter et analyste spécialiste des questions militaires. Cet article a été publié avec l'aimable autorisation de Ynet.

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