Aryeh Deri met en cause l’État après le drame d’une crèche clandestine à Jérusalem
Il estime que les coupes budgétaires et la fin des exemptions militaires ont poussé une partie de la population haredie vers des solutions illégales aux conséquences dramatiques.


Le chef du parti orthodoxe Shas, Aryeh Deri, a estimé lundi que la tragédie survenue dans une crèche illégale de Jérusalem, où deux nourrissons ont perdu la vie et des dizaines d’enfants ont été blessés, s’inscrivait dans un contexte de détresse sociale imposée à la population haredie par les autorités de l’État. Le drame s’est produit dans le quartier de Romema, à majorité orthodoxe, au sein d’une structure non agréée et dangereusement surchargée.
S’exprimant lors de la réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, Deri a rappelé que l’exploitation de crèches non autorisées est interdite, tout en appelant à « un profond examen de conscience ». Sans les nommer explicitement, il a semblé mettre en cause la procureure générale Gali Baharav-Miara et la Cour suprême, affirmant qu’« une population très nombreuse a été brutalement poussée dans la précarité », contraignant certains à chercher des solutions alternatives aux conséquences « dures et amères ».
Ces propos interviennent après une série de décisions judiciaires ayant entraîné la suppression d’exemptions de service militaire pour les orthodoxes. Depuis un arrêt rendu l’an dernier par la Haute Cour de justice, les budgets alloués aux yeshivot (écoles talmudiques) hébergeant des réfractaires à la conscription ont été réduits, tandis que le ministère du Travail a coupé les subventions aux crèches accueillant les enfants de personnes ne se présentant pas à l’armée.
Interrogé sur un lien éventuel entre ces coupes budgétaires et la tragédie, le ministre des Finances Betsalel Smotrich a reconnu que restreindre l’accès à des structures légales favorisait l’émergence de circuits parallèles. Il a toutefois insisté sur la responsabilité première de l’État de garantir la sécurité des enfants et de les placer dans des cadres réglementés et contrôlés.
Enfin, Smotrich a indiqué que son parti déciderait de son vote sur le projet de loi relatif à la conscription une fois les travaux de la commission des Affaires étrangères et de la Défense achevés.