Ben Gvir : « Israël doit continuer à agir au Liban, même contre la volonté des États-Unis »
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé le gouvernement à poursuivre les opérations militaires au Liban, même en cas de désaccord avec Washington.


Il affirme que la sécurité d’Israël doit primer sur toute considération diplomatique.
Lors d’une réunion de son groupe parlementaire, Itamar Ben Gvir a adressé un message clair au gouvernement israélien : selon lui, Tsahal doit poursuivre ses opérations dans le sud du Liban, indépendamment de la position de l’administration américaine.
Répondant à une question d’Arutz Sheva, le ministre a déclaré qu’Israël ne pouvait pas se permettre de mettre fin à la destruction des infrastructures utilisées par le Hezbollah.
« Nous sommes un pays indépendant et nous ne pouvons pas cesser de démolir les maisons dans le sud du Liban », a-t-il affirmé.
Ben Gvir a estimé que le retour des habitants dans certaines zones du sud du Liban constituerait un danger direct pour les soldats israéliens et les communautés du nord d’Israël.
« Nous ne pouvons pas permettre un retour à la réalité qui existait avant le 7 octobre », a-t-il déclaré.
Le ministre a même explicitement appelé Israël à maintenir sa présence sur le terrain même si cela devait entrer en contradiction avec les souhaits du président américain Donald Trump.
« Nous devons conserver le contrôle du territoire, même contre la volonté du président Trump », a-t-il affirmé.
Les déclarations de Ben Gvir interviennent alors que l’administration Trump tente de consolider l’accord conclu avec l’Iran et de stabiliser les différents fronts régionaux, notamment au Liban.
Le chef du parti Otzma Yehudit a dénoncé toute politique fondée sur la retenue ou sur des arrangements diplomatiques qu’il juge temporaires.
« L’époque des cycles de combats sans fin est terminée. Ni à Gaza, ni au Liban, ni face à l’Iran », a-t-il déclaré.
Selon lui, Israël ne doit pas adapter sa stratégie sécuritaire aux « ententes conclues entre Trump et Khamenei ».
Adoptant un ton particulièrement offensif, Ben Gvir a estimé que chaque attaque contre Israël devait désormais entraîner une riposte massive.
« Le moindre fragment de drone ou de missile lancé contre nous doit provoquer une réponse écrasante », a-t-il déclaré.
Le ministre a même évoqué la possibilité de frapper durement la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.
Pour lui, tout tir contre Israël doit être considéré comme une déclaration de guerre nécessitant une victoire décisive.
S’adressant directement au Premier ministre Benjamin Netanyahou, Ben Gvir a appelé ce dernier à poursuivre les opérations militaires contre le Hezbollah.
« C’est dans des moments comme ceux-ci que le leadership est mis à l’épreuve », a-t-il lancé.
Il a exhorté le chef du gouvernement à autoriser Tsahal à poursuivre la destruction des infrastructures du Hezbollah, l’élimination de ses combattants et le maintien d’une zone de sécurité dans le sud du Liban.
Tout en soulignant « l’amitié profonde » entre Israël et les États-Unis, Ben Gvir a insisté sur le fait que la responsabilité de la sécurité du pays incombe exclusivement au gouvernement israélien.
« Israël doit conserver une liberté totale d’action militaire, en tout temps et en tout lieu », a-t-il conclu.
Ces déclarations illustrent les tensions croissantes au sein de la coalition israélienne autour de l’accord entre Washington et Téhéran et de la stratégie à adopter face au Hezbollah après plusieurs mois de guerre au Liban.