Des enregistrements inédits révèlent le chaos au sein de la police israélienne lors de l'attaque du 7 octobre
Face aux massacres en cours sur la base de Reïm et sur le site du festival Nova, des officiers réclamaient l'intervention d'hélicoptères de combat


Trois ans après le massacre du 7 octobre, des enregistrements inédits du centre de commandement de la police israélienne à Jérusalem, mettent en lumière les premières heures chaotiques de l'attaque du Hamas et les difficultés rencontrées par les responsables de la police pour faire face simultanément à des dizaines de foyers d'attaque dans le sud d'Israël.
Alors que les policiers et les combattants du Yamam constituaient dans plusieurs secteurs la première, et parfois la seule, ligne de défense face aux terroristes, des combats particulièrement violents se déroulaient notamment à Sdérot, Ofakim, Reïm et Yad Mordechai. Au centre de commandement, le chef de la police de l'époque, Kobi Shabtai, et ses officiers tentaient de coordonner la réponse alors que les unités d'intervention et les munitions disponibles étaient insuffisantes.
Les enregistrements révèlent notamment l'inquiétude qui s'est emparée du commandement vers 10 heures, après de nombreux signalements de civils faisant état de tirs près de la gare routière centrale de Beer-Sheva. Toutes les unités spéciales étant déjà mobilisées dans les zones attaquées autour de Gaza, Kobi Shabtai a donné une consigne exceptionnelle en cas de retranchement de terroristes dans la région : "Faites un bouclage et étouffez-les avec du gaz, car il faudra du temps avant que nous disposions de forces d'intervention supplémentaires."
Les documents dévoilent également les appels pressants de hauts responsables de la police pour obtenir un soutien aérien de Tsahal. Face aux massacres en cours sur la base de Reïm et sur le site du festival Nova, des officiers réclamaient l'intervention d'hélicoptères de combat. "Je veux savoir dans combien de temps on m'envoie des hélicoptères de combat", entend-on dans les enregistrements. "Pour une raison quelconque, nous n'arrivons pas à obtenir l'autorisation de l'armée."
Ces échanges témoignent de l'incertitude qui régnait alors au sein du commandement de la police sur la capacité de l'armée de l'air à intervenir rapidement, tandis que les forces déployées au sol tentaient de contenir l'offensive du Hamas avec des moyens limités.