Deux semaines après la tentative de détournement du vol flydubai, les passagers toujours traumatisés
"Depuis ce vol, j'ai à peine réussi à manger. Je passe des nuits entières sans dormir. Chaque fois que je m'endors, j'ai l'impression de me réveiller à bord de l'avion", raconte Danielle Elmaliah

Deux semaines après la tentative de détournement du vol flydubai reliant Dubaï à Israël, les passagers peinent à retrouver une vie normale. Malgré leur retour sains et saufs, les souvenirs de ces instants où leur avion a failli s'écraser continuent de les hanter. Plusieurs survivants ont confié à i24NEWS les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis ce vol qui a failli leur coûter la vie.
"Depuis ce vol, le pire de toute ma vie, j'ai à peine réussi à manger. Je passe des nuits entières sans dormir. Chaque fois que je m'endors, j'ai l'impression de me réveiller à bord de l'avion", raconte Danielle Elmaliah, qui s'était rendue à Dubaï pour un voyage d'affaires consacré à l'achat de meubles. À bord, elle était assise près du docteur Shota et de son épouse Sigalit. Le médecin, qui a contribué à sauver la vie du commandant de bord poignardé pendant le vol, est depuis devenu un proche de la jeune femme.
"Pour moi, il fait partie des héros qui m'ont sauvée", confie-t-elle. Elle décrit la paralysie ressentie face au danger et le courage de ceux qui ont réussi à réagir malgré la panique. "Les gens étaient littéralement figés sur leur siège. Pourtant, certains se sont levés, ont couru et sont intervenus. Tout s'est joué en quelques minutes, quelques secondes qui semblaient durer une éternité. Je n'oublierai jamais ces moments."
Pour Daniel Simanovitch, un autre passager, la vie se divise désormais en deux périodes : avant et après ce vol. "L'atterrissage a été extrêmement difficile. Je pense que tous les passagers, mais aussi les pilotes, sont encore mentalement dans cet avion", explique-t-il. Le moindre mouvement brusque en voiture lui rappelle les violentes oscillations de l'appareil avant sa chute vers le sol. "C'est une sensation qui revient chaque jour", confie-t-il.
Le retour à la vie quotidienne reste particulièrement compliqué. Travailleur indépendant, Daniel Simanovitch explique ne pas être encore capable de reprendre son activité professionnelle. Il tente de retrouver progressivement ses repères en se concentrant sur de petites activités qu'il appréciait auparavant. "Je n'ai même pas répondu aux nombreux clients qui m'ont appelé depuis ce qui s'est passé", reconnaît-il. Deux semaines après leur sauvetage, ces passagers restent profondément marqués par une expérience dont les conséquences psychologiques continuent de peser sur leur quotidien.