Espionnage pour l’Iran : un étudiant de yeshiva condamné à trois ans de prison
Les enquêteurs ont précisé qu'Elimelekh Stern, 22 ans, avait refusé certaines demandes jugées trop graves, notamment l’incendie volontaire et le meurtre


Le tribunal de district de Jérusalem a condamné jeudi Elimelekh Stern, 22 ans, résident de Beit Shemesh, à trois ans de prison pour des activités d’espionnage menées au profit de l’Iran durant la guerre. Le jeune homme a été reconnu coupable de contacts avec un agent étranger et de complot en vue de proférer des menaces, après avoir accepté d’exécuter des missions pour le compte de services iraniens.
Selon l’acte d’accusation déposé en juillet 2024, Stern, étudiant dans une yeshiva et affilié à la communauté hassidique de Vizhnitz, était en contact via Telegram avec un profil nommé "Anna Elena", présenté par le parquet comme une couverture des services de renseignement iraniens. En échange de paiements en cryptomonnaie, il a accepté d’accomplir une série d’actions à l’intérieur d’Israël.
Parmi les missions proposées figuraient notamment l’accrochage d’affiches à Tel-Aviv, la dissimulation d’argent liquide à Jérusalem et à Tel-Aviv, la livraison de colis de menaces, ainsi que des actes de vandalisme lors de manifestations. Les enquêteurs ont précisé que Stern avait refusé certaines demandes jugées trop graves, notamment l’incendie volontaire et le meurtre.
Le dossier révèle des échanges particulièrement détaillés avec son contact iranien. Stern a ainsi tenté de se procurer une tête de mouton destinée à être déposée devant le domicile de l’ambassadeur d’Israël auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Faute d’en trouver, il a été invité à acheter un mouton entier, avant que la mission ne soit modifiée : il devait finalement livrer une poupée décapitée accompagnée d’un couteau, de fleurs et d’un emballage cadeau. Il a même envoyé des photos des compositions florales pour validation, exprimant à plusieurs reprises ses craintes d’être arrêté.
Pour certaines tâches, Stern a recruté deux autres citoyens israéliens, rémunérés pour suspendre des affiches, cacher de l’argent ou déposer des colis. Il lui a également été proposé de briser des vitrines ou d’incendier des véhicules lors de manifestations, sans distinction entre rassemblements de droite ou de gauche, avec des sommes promises pouvant atteindre 3 000 dollars par véhicule incendié.
Le parquet avait requis une peine de sept ans de prison, estimant que les faits étaient particulièrement graves car commis en temps de guerre et au profit d’un État ennemi. La peine prononcée revêt une portée symbolique : Stern est le premier accusé, depuis le début du conflit, condamné sans accord de plaider-coupable dans une affaire d’espionnage pour l’Iran, dans le cadre d’une nouvelle doctrine judiciaire plus stricte.
Les autorités indiquent que cette décision devrait servir de référence pour les dossiers similaires. À ce jour, 35 autres affaires impliquant 57 prévenus accusés d’avoir agi pour le compte de l’Iran sont encore en cours devant les tribunaux israéliens.