Hausse préoccupante des troubles de stress post-traumatique et des suicides chez les soldats de Tsahal
Entre janvier 2024 et juillet 2025, 279 soldats ont tenté de se suicider


Israël fait face à une hausse préoccupante des troubles de stress post-traumatique (TSPT) et des suicides au sein de ses forces armées, alors que la guerre déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 se poursuit sur plusieurs fronts. Des rapports récents du ministère de la Défense et de prestataires de santé dressent le constat d’une crise psychologique profonde touchant soldats conscrits et réservistes.
Depuis octobre 2023, plus de 1 100 militaires israéliens ont été tués, selon les autorités. Des centaines de milliers de soldats ont été déployés à Gaza et à la frontière nord face au Hezbollah, dans ce qui constitue l’un des engagements militaires les plus intenses de l’histoire du pays. Cette mobilisation prolongée, combinée à la violence des combats, a laissé des traces durables.
Le ministère de la Défense indique avoir enregistré une augmentation d’environ 40 % des cas de TSPT parmi les militaires depuis septembre 2023, avec une projection alarmante de +180 % d’ici 2028. Sur les 22 300 soldats et personnels pris en charge pour blessures de guerre, près de 60 % souffrent de troubles psychotraumatiques. Les autorités ont renforcé les budgets, élargi l’offre de soins et constaté une hausse de 50 % du recours à des thérapies alternatives.
Le groupe de santé Maccabi rapporte que 39 % des militaires qu’il suit ont sollicité une aide psychologique, tandis que 26 % évoquent des symptômes dépressifs. En parallèle, des associations comme HaGal Sheli, qui propose la thérapie par le surf, ou des programmes utilisant des chiens d’assistance, accompagnent désormais des centaines de soldats traumatisés.
Selon le psychologue clinicien Ronen Sidi, deux sources majeures de traumatisme se dégagent : la peur intense vécue en zone de combat, parfois persistante même au retour à la vie civile, et les blessures morales, liées à des décisions prises sous le feu ayant pu entraîner la mort de civils. “Vivre avec l’idée d’avoir blessé ou tué des innocents est extrêmement difficile”, explique-t-il.
Un réserviste de 28 ans, père de trois enfants, raconte vivre en état d’alerte permanent après avoir combattu à Gaza, au Liban et en Syrie, au point d’avoir quitté son emploi civil.
Une commission parlementaire a révélé qu’entre janvier 2024 et juillet 2025, 279 soldats ont tenté de se suicider, une hausse marquée par rapport aux années précédentes. En 2024, 78 % des suicides concernaient des combattants. Les professionnels alertent : sans prise en charge rapide, le risque d’autodestruction augmente.
Alors que Tsahal reste déployée à Gaza, au Liban et dans le sud de la Syrie, et que les tensions avec l’Iran demeurent élevées, la perspective de nouveaux combats fait craindre une aggravation durable de cette crise silencieuse au sein de la société israélienne.