Israël : la police disposerait de preuves contre un proche de Netanyahou dans l'affaire des comptes rendus du 7 octobre
La police israélienne disposerait d'éléments suffisants pour poursuivre Tzachi Braverman, chef de cabinet de Benjamin Netanyahou, soupçonné d'avoir modifié l'heure d'un appel du 7 octobre 2023


La police israélienne estime avoir réuni suffisamment d'éléments pour engager des poursuites contre Tzachi Braverman, chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahou, dans une affaire portant sur la modification présumée de documents officiels relatifs aux premières heures du massacre du 7 octobre 2023. Selon plusieurs médias israéliens, une inculpation demeure toutefois peu probable.
Au cœur de l'enquête figure l'horaire du premier appel téléphonique entre Benjamin Netanyahou et son secrétaire militaire de l'époque, Avi Gil, le matin de l'attaque du Hamas. Les enquêteurs soupçonnent Tzachi Braverman d'avoir modifié l'heure enregistrée dans les documents officiels, la faisant passer de 6h40 à 6h29.
Le chef de cabinet aurait reconnu avoir procédé à cette modification, tout en affirmant avoir simplement corrigé ce qu'il considérait comme une erreur dans les registres.
L'enquête, ouverte en 2024 pour des soupçons de falsification et de fraude, aurait été achevée depuis plus d'un an. Les éléments recueillis ont été transmis au parquet, auquel revient désormais la décision d'engager ou non des poursuites.
Selon la chaîne israélienne Channel 13, les procureurs seraient favorables à un classement du dossier. Des sources citées par Haaretz estiment également qu'il serait difficile de démontrer que la modification était intentionnellement frauduleuse plutôt qu'une simple erreur.
L'affaire a récemment été relancée par les déclarations d'Avi Gil, qui accuse directement Tzachi Braverman d'avoir fait modifier les documents plusieurs mois après le massacre. L'ancien secrétaire militaire affirme avoir été informé qu'une employée chargée des comptes rendus officiels avait reçu l'instruction de changer l'horaire de l'appel.
Avi Gil s'interroge notamment sur les raisons pour lesquelles cette modification aurait été effectuée en janvier 2024, plusieurs mois après les événements. Il estime que cette intervention pourrait avoir visé à influencer le récit des premières décisions prises par le Premier ministre le matin du 7 octobre.
Interrogé sur une éventuelle connaissance des faits par Benjamin Netanyahou, l'ancien secrétaire militaire a exprimé ses soupçons, sans toutefois présenter de preuve établissant une implication personnelle du chef du gouvernement.
Le Likoud a rejeté ces accusations, les qualifiant de mensongères, et affirme que les faits ont déjà fait l'objet d'une enquête.
Tzachi Braverman est par ailleurs impliqué dans une autre procédure judiciaire liée à une affaire de divulgation de documents classifiés. Ces difficultés judiciaires ont notamment empêché sa prise de fonctions comme prochain ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni.
Cette nouvelle révélation intervient alors que les responsabilités politiques et militaires dans les défaillances du 7 octobre continuent d'alimenter le débat public israélien, trois ans après les attaques du Hamas