Israël : les habitants du nord redoutent un arrêt des combats contre le Hezbollah
« Si la guerre contre le Hezbollah s’arrête maintenant, ce serait une faute grave, à la fois morale, sécuritaire et stratégique », affirme un responsable.


Quelques heures après l’annonce par Donald Trump d’un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, la situation reste confuse et préoccupante dans les localités du nord d’Israël, proches de la frontière libanaise. Si Tsahal a officiellement indiqué que la trêve ne s’appliquait pas au Liban, les habitants et responsables locaux redoutent néanmoins un ralentissement des opérations contre le Hezbollah.
Dans les villes et villages de la « ligne de front », l’inquiétude est palpable. De nombreux élus locaux craignent que l’arrêt des hostilités avec l’Iran n’entraîne, de facto, une suspension des combats au Liban, laissant les populations exposées à une menace persistante. « Si la guerre contre le Hezbollah s’arrête maintenant, ce serait une faute grave, à la fois morale, sécuritaire et stratégique », a déclaré Moshe Davidovich, chef du conseil régional de Mateh Asher.
Les critiques visent également le pouvoir politique. Plusieurs responsables dénoncent une décision qui pourrait intervenir avant que les objectifs militaires ne soient atteints. « Arrêter maintenant, c’est dire aux habitants du nord que leur vie sera faite de guerre permanente », a ajouté Davidovich, évoquant un sentiment d’abandon parmi les résidents.
À Kfar Vradim, le maire Eyal Shmuely a appelé le gouvernement à clarifier rapidement sa position, s’interrogeant sur l’influence de Washington : « Est-ce que Trump décide pour nous sur la ligne de front, ou bien le gouvernement israélien va-t-il tenir ses engagements ? »
À Metula, le maire David Azoulay a exprimé une inquiétude similaire, redoutant que le nord d’Israël ne devienne « une variable d’ajustement » dans les négociations internationales. Il appelle à une action décisive contre le Hezbollah, tant sur le plan militaire que diplomatique, afin de garantir la sécurité des habitants.
Malgré ces tensions, certaines autorités locales tentent de rassurer la population. Le conseil régional de Haute-Galilée a rappelé que les opérations militaires se poursuivent au Liban et que les consignes de sécurité restent en vigueur.
Mais l’absence de communication claire du gouvernement alimente le doute. « Les habitants n’ont pas à dépendre d’interprétations médiatiques pour comprendre leur situation », a souligné Giora Zaltz, appelant à une prise de parole directe des autorités.
Dans ce contexte, entre annonces diplomatiques et réalités militaires, le nord d’Israël demeure suspendu à l’évolution incertaine du cessez-le-feu et à ses implications régionales.