Judée-Samarie : Bezalel Smotrich appelle Netanyahou à ne pas coopérer avec la Cour suprême
Le ministre israélien des Finances demande au gouvernement de refuser toute coopération avec la justice concernant le retour de Palestiniens dans trois camps de réfugiés du nord de la Judée-Samarie.


Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé lundi Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz à ordonner à Tsahal de ne pas coopérer avec la Cour suprême, après une décision judiciaire concernant le retour de résidents palestiniens dans les camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams.
Cette prise de position intervient après que la Haute Cour de justice a demandé dimanche à l'État de fournir des précisions sur les mesures envisagées pour permettre aux habitants déplacés de regagner leur domicile.
La décision judiciaire ne prévoit toutefois ni le retour immédiat des résidents ni le retrait des forces israéliennes des camps concernés. Les autorités disposent jusqu'au 23 novembre 2026 pour transmettre leur réponse.
En appelant le gouvernement à refuser de coopérer avec la justice, Bezalel Smotrich relance les tensions entre le pouvoir politique et l'institution judiciaire, sur fond de désaccords concernant la politique sécuritaire israélienne en Judée-Samarie.
Cette nouvelle confrontation intervient à deux semaines des élections législatives du 27 octobre, alors que la sécurité et les relations entre le gouvernement et la Cour suprême figurent parmi les sujets sensibles de la campagne électorale.
La procédure a été engagée par six résidents palestiniens et l'Association pour les droits civiques en Israël. Les requérants demandent également que les besoins humanitaires des familles déplacées soient pris en charge jusqu'à leur retour.
Les juges ont rappelé que l'opération militaire « Mur de fer », lancée en janvier 2025 dans le nord de la Judée-Samarie, avait entraîné d'importantes destructions. Plus de 400 bâtiments ont été démolis sur ordre du commandement militaire, en plus des dommages causés par les combats.
De son côté, l'État israélien soutient que les conditions sécuritaires ne permettent toujours pas le retour des habitants, invoquant notamment la découverte persistante d'armes et d'explosifs dans les camps.
Bezalel Smotrich accuse les magistrats de mettre en danger la sécurité d'Israël et estime que le retour des résidents pourrait favoriser la reconstitution d'infrastructures terroristes. Il considère que les décisions sécuritaires doivent relever du gouvernement et non des tribunaux.