Judée-Samarie : l’Allemagne appelle Israël à suspendre toute construction dans la zone E1
L’Allemagne estime que ce projet d’implantations controversé risque d’aggraver l’instabilité régionale et de compromettre les perspectives d’une solution à deux États.


L’Allemagne a appelé vendredi Israël à suspendre toute construction dans la zone E1, en Judée-Samarie, qualifiant ce projet d’implantations de « controversé » et avertissant qu’il risque d’aggraver l’instabilité dans la région.
S’exprimant lors d’un point presse à Berlin, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a estimé que « les plans du projet E1 s’inscrivent clairement dans une intensification globale de la politique d’implantations en Judée-Samarie, à laquelle nous assistons récemment ». Selon lui, une telle évolution comporte « un risque réel de déstabilisation accrue », tant sur le plan local que régional.
Le projet E1 prévoit la construction de plusieurs milliers de logements dans une zone située entre Jérusalem et Ma’ale Adumim. S’il était mené à terme, il permettrait une extension significative de Ma’ale Adumim et entraînerait, selon ses détracteurs, une discontinuité territoriale entre le nord et le sud de la Judée-Samarie.
Berlin met en garde contre les conséquences politiques et humanitaires du projet. Le porte-parole a souligné que la construction dans la zone E1 « restreindrait davantage la liberté de circulation de la population palestinienne » et « compromettrait gravement les perspectives d’une solution à deux États », considérée par l’Allemagne comme le seul cadre viable pour un règlement durable du conflit israélo-palestinien.
Le projet est soutenu par le ministre israélien des Finances Betsalel Smotrich, partisan assumé d’un renforcement des implantations en Judée-Samarie. Celui-ci a déclaré à plusieurs reprises que l’expansion des implantations visait notamment à empêcher la création d’un État palestinien.
L’appel de l’Allemagne s’inscrit dans une série de mises en garde émanant de partenaires européens d’Israël, alors que la question des implantations demeure l’un des points les plus sensibles et les plus clivants du dossier israélo-palestinien.