La police empêcherait Tsahal d'arrêter les déserteurs orthodoxes
Des responsables militaires estiment que des déserteurs ou réfractaires identifiés lors d’une interpellation sont parfois relâchés sans autre mesure par la police


Un profond désaccord oppose la police israélienne et l’armée sur l’application de la conscription des orthodoxes. Selon un document de synthèse d’une réunion officielle consacré à l’exécution des décisions de la Cour suprême, la police israélienne empêcherait la police militaire de Tsahal d’intervenir dans les quartiers orthodoxes pour y arrêter les réfractaires au service militaire.
Le quotidien Haaretz rapporte que ce document a été confirmé par la procureure générale Gali Baharav-Miara, qui présidait cette douzième réunion consacrée à la question. Les représentants de l’armée y ont dénoncé un manque de coopération de la part de la police, affirmant que celle-ci refuse d’autoriser les opérations de la police militaire dans les secteurs orthodoxes.
Selon l’armée, lorsque des réfractaires orthodoxes sont interpellés par la police dans le cadre d’arrestations ordinaires, ils ne sont pas placés en détention mais simplement convoqués ultérieurement devant la police militaire. Pire encore, des responsables militaires estiment que, conformément à la politique policière actuelle, des déserteurs ou réfractaires identifiés lors d’une interpellation sont parfois relâchés sans autre mesure.
Les données présentées lors de la réunion font état d’environ 71 000 personnes échappant actuellement au service militaire, dont près de 80 % issues de la communauté orthodoxe. Si une légère hausse des enrôlements a été observée ces derniers mois, l’armée juge ces chiffres très insuffisants, tant au regard de ses besoins opérationnels que du principe d’égalité devant la loi.
Les représentants de Tsahal ont également critiqué le projet de loi en discussion visant à encadrer les exemptions accordées aux étudiants des yeshivas. Selon eux, le rétablissement des financements publics pour ces institutions constitue un signal négatif et un puissant facteur de désincitation à l’engagement militaire. L’armée plaide, à l’inverse, pour l’adoption de sanctions économiques plus sévères afin de contraindre au respect de la conscription obligatoire.