Le frère de Netanel Shukrun à i24NEWS : "Son souhait était de rassembler toutes les composantes du peuple"
Leur grand-père, le rabbin Yaakov Shukrun, avait été assassiné en Algérie il y a environ 70 ans, devant sa synagogue


Netanel Shukrun, 49 ans, père de six enfants et habitant d'Alei Zahav, a été tué dans un attentat par balles près de Neve Tzuf, dans la région de Binyamin, en Judée-Samarie, la veille de Yom Kippour. Son frère Yaakov (Jacko) Shukrun est revenu mardi sur les circonstances de l'attaque dans un entretien accordé à i24NEWS, évoquant également la personnalité de Netanel et le message qu'il laisse derrière lui.
Netanel Shukrun s'était rendu avec son fils aîné Yoav à une source afin de s'immerger avant Yom Kippour. Après leur bain rituel, tous deux avaient regagné leur voiture lorsqu'un terroriste avait ouvert le feu. Selon Yaakov Shukrun, Netanel a immédiatement ordonné à son fils de quitter le véhicule et de courir. "Nati, avec beaucoup de présence d'esprit, a dit à son fils : 'Fiche le camp, cours, sors de la voiture'", a-t-il raconté à i24NEWS.
Yoav, élève de seconde, est parvenu à s'enfuir sans être blessé. Lors des funérailles de son père, il l'a remercié de lui avoir sauvé la vie. Yaakov Shukrun estime que sa fuite a peut-être également permis d'éviter d'autres victimes : le terroriste s'est lancé à sa poursuite et a tiré dans sa direction, détournant ainsi son attention des autres personnes qui se trouvaient près de la source.
L'auteur de l'attentat, identifié comme Qadri Samara, un membre du Hamas âgé de 37 ans, avait vraisemblablement passé près d'une journée dans les environs avant de passer à l'acte, selon les premiers éléments de l'enquête. Blessé par le tir d'un soldat, il avait gagné un hôpital de Ramallah, où des combattants de l'unité Duvdevan l'ont arrêté environ trois heures après l'attaque.
Interrogé sur cette arrestation, Yaakov Shukrun a estimé que toute personne s'en prenant à un citoyen israélien devait être arrêtée "partout où cela est possible", puis jugée et tenue pleinement responsable de ses actes. "La dissuasion a un rôle à jouer, et la justice aussi", a-t-il déclaré.
Le frère de la victime a également retracé l'histoire familiale. Leur grand-père, le rabbin Yaakov Shukrun, avait été assassiné en Algérie il y a environ 70 ans, devant sa synagogue. Les parents de Netanel avaient ensuite choisi de s'installer en Israël, alors qu'une grande partie de la famille était partie en France. Plus jeune d'une fratrie de sept enfants, Netanel avait reçu comme deuxième prénom Yonatan, en hommage à Yonatan Netanyahou.
Yaakov Shukrun a décrit son frère comme un homme aux multiples facettes, passé par une yeshiva hesder et les parachutistes avant d'étudier à l'université Bar-Ilan. Féru d'études juives comme de nouvelles technologies, grand voyageur et réserviste ayant effectué des centaines de jours de service, il savait, selon lui, nouer facilement le dialogue avec des personnes de tous horizons.
C'est précisément cette capacité à rassembler que son frère souhaite aujourd'hui retenir. "Sa force était dans le calme", a confié Yaakov Shukrun. "Ce qui le caractérisait surtout, c'était sa volonté de rassembler toutes les composantes de notre peuple." Selon lui, Netanel cherchait toujours un terrain commun entre religieux et laïcs et savait apaiser les désaccords. "À mon avis, c'est son testament et son message."
Netanel Shukrun travaillait comme analyste des systèmes d'information dans une compagnie d'assurances. Son épouse, le Dr. Merav Shukrun, enseigne à l'université d'Ariel.