Le milliardaire et philanthrope Morris Kahn est décédé à 96 ans
Cofondateur d’Amdocs et initiateur du projet SpaceIL, ce pionnier de la high-tech israélienne laisse un héritage durable, marqué par l’innovation, l’engagement humaniste et la transmission.


Le monde économique, scientifique et philanthropique israélien est en deuil. Morris Kahn, homme d’affaires visionnaire, pionnier de la high-tech israélienne et mécène engagé, est décédé jeudi matin à l’âge de 96 ans. Figure majeure de l’entrepreneuriat moderne en Israël, il laisse derrière lui un héritage exceptionnel, à la croisée de l’innovation, de l’éducation et de l’engagement social.
Né en 1930 en Afrique du Sud, Morris Kahn immigre en Israël en 1956 avec son épouse Jacqueline et leurs deux enfants. Très vite, il s’impose comme l’un des acteurs clés du développement économique du jeune État. Il est notamment cofondateur d’Amdocs, entreprise israélienne devenue un géant mondial des logiciels et des services pour les télécommunications, symbole du succès de la « Start-Up Nation ».
Au-delà de la sphère industrielle, Morris Kahn a consacré une part essentielle de sa vie et de sa fortune à la philanthropie. Convaincu que l’investissement le plus durable est celui porté vers l’humain, il a soutenu de nombreuses initiatives dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’environnement et de la recherche scientifique. Parmi elles figurent les organisations LEAD, Save a Child’s Heart, Zalul, ainsi que plusieurs projets en sciences de la vie et en équitation thérapeutique. Il fut également à l’origine de réalisations emblématiques, comme l’Observatoire sous-marin d’Eilat, pionnier en matière de sensibilisation environnementale.
Ces dernières années, Morris Kahn était aussi connu du grand public comme la figure fondatrice de SpaceIL, le projet israélien qui a marqué l’histoire en lançant la première sonde lunaire privée au monde. Un symbole fort de son credo : oser, apprendre, transmettre.
Jusqu’à ses derniers jours, Morris Kahn est resté profondément préoccupé par les fractures de la société israélienne. Il appelait sans relâche à l’unité, à l’écoute et à la responsabilité collective, plaçant sa confiance dans la jeunesse. Son message ultime, devenu testament moral, résonne aujourd’hui avec force :
« Soyez bons les uns envers les autres. Nous n’avons nulle part ailleurs où aller. »