Netanyahou somme les services de sécurité d’enquêter sur les auteurs du film « Naza »
Cette initiative fait suite à un reportage de la chaîne 14 consacré aux recherches menées par le responsable du renseignement du Conseil de Yesha sur les éventuels liens des réalisateurs avec le Hamas


Benjamin Netanyahou a demandé ce dimanche l’ouverture d’une enquête approfondie visant les réalisateurs du docuentaire « Naza ». Dans une lettre adressée au chef d’état-major Eyal Zamir, au directeur du Shin Bet David Zini et à la conseillère juridique Gali Baharav-Miara, le chef du gouvernement réclame qu’ils puissent être poursuivis pour de graves atteintes à la sécurité de l’information, diffamation et atteinte aux intérêts politiques et sécuritaires d’Israël.
Selon le communiqué de son bureau, le film raconte « une histoire fausse, trompeuse et partiale qui diffame l’État d’Israël et Tsahal dans le monde et nuit gravement au statut d’Israël ». Le texte a été transmis directement par le cabinet du Premier ministre, avec une demande d’action immédiate.
Cette initiative fait suite à un reportage de la chaîne 14 consacré aux recherches menées par le responsable du renseignement du Conseil Yesha, qui évoque des liens supposés entre le réalisateur, Yuval Avraham, et des éléments ou des familles liés à des groupes terroristes. Le président du Conseil Yesha, Yisrael Gantz, affirme qu’il existe de « sérieux soupçons » de liens avec le Hamas et d’autres organisations. Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, a pour sa part saisi le chef du Shin Bet pour qu’il vérifie si le film a été réalisé pour le compte d’une organisation terroriste en temps de guerre.
Le film a par ailleurs fait parler de lui en Italie, où il s’est classé en tête du box-office. Il y a engrangé environ 451 000 euros dès son premier jour, et près d’un million d’euros en trois jours. Face à l’affluence, sa durée d’exploitation a été prolongée.
Ce succès intervient après plusieurs années de manifestations propalestiniennes dans le pays, parfois émaillées d’affrontements, de véhicules incendiés et de slogans antisémites. Les réactions dans les salles sont contrastées : dans certaines, le public a brandi des drapeaux palestiniens et applaudi, dans d’autres, le silence a dominé. « Le public était sous le choc », a témoigné un employé d’un cinéma de Rome.