"Nous sommes face à une nouvelle catastrophe sécuritaire", avertit Yair Lapid
Yaïr Lapid lance un avertissement à la veille de Pessa’h, évoquant le risque imminent d’une nouvelle catastrophe sécuritaire et appelant à une prise de conscience immédiate.


Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a lancé un avertissement à la veille de Pessa’h, évoquant le risque d’un « nouveau désastre sécuritaire » en Israël. Dans une déclaration particulièrement offensive, il accuse le gouvernement de mettre en danger la sécurité nationale en poursuivant la guerre sans stratégie claire ni moyens suffisants.
S’appuyant sur les propos du chef d’état-major Eyal Zamir, Lapid affirme que l’armée israélienne est « à bout de souffle ». Selon lui, l’alerte lancée devant le cabinet de sécurité est d’une gravité sans précédent : « Tsahal est au bord de l’effondrement », aurait prévenu le général, évoquant « dix signaux d’alerte majeurs ». Pour Lapid, ce constat rend toute dénégation impossible : « Ceux qui ont entendu ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. »
Le dirigeant centriste pointe en particulier l’usure extrême des réservistes, mobilisés parfois pour la sixième ou septième rotation, ainsi qu’un manque criant d’effectifs dans les forces régulières. Il dénonce également la politique gouvernementale sur la conscription, accusant l’exécutif de fragiliser l’armée en maintenant des exemptions pour les ultra-orthodoxes. « C’est une menace directe pour la capacité opérationnelle de Tsahal », martèle-t-il.
Lapid critique aussi la gestion globale du conflit, estimant que le gouvernement engage Israël dans une guerre multi-fronts sans plan cohérent. Il évoque des tensions croissantes en Cisjordanie, où des forces sont redéployées en raison de violences internes, au détriment d’autres priorités sécuritaires.
Il a mis directement en cause le Premier ministre Benjamin Netanyahou et son gouvernement : « La responsabilité est entre vos mains. » Il appelle à des mesures immédiates, notamment la mobilisation élargie, la fin des exemptions et une action ferme contre toutes les formes de terrorisme, y compris interne.
En filigrane, Yaïr Lapid adresse un message politique autant que sécuritaire : pour lui, la transparence sur les risques est une nécessité, y compris en temps de guerre. « Le rôle du système de défense est d’alerter avant la catastrophe, pas après », insiste-t-il, en référence aux leçons du 7 octobre.
Son intervention traduit une inquiétude profonde quant à la capacité d’Israël à soutenir un conflit prolongé, tout en appelant à un sursaut stratégique et politique immédiat.