Trois ans après le 7 octobre, la douleur et la colère des familles des victimes
Plusieurs familles reprochent toujours aux dirigeants israéliens de ne pas avoir pleinement assumé la responsabilité des défaillances qui ont précédé l'attaque du Hamas


Trois ans après le massacre du 7 octobre, les proches des victimes ont partagé sur les réseaux sociaux leur douleur et leurs souvenirs, mais aussi leur colère envers les responsables politiques. Plusieurs familles reprochent toujours aux dirigeants israéliens de ne pas avoir pleinement assumé la responsabilité des défaillances qui ont précédé l'attaque du Hamas.
L'animateur Guy Zoaretz a rendu hommage à son neveu Ilay Baram, assassiné au festival Nova à Reïm. "J'ai honte de te dire que depuis ton départ, rien n'a changé. Tout est resté pareil", a-t-il écrit, avant d'évoquer la souffrance de sa sœur, la mère d'Ilay : "Il n'y a pas longtemps, elle m'a demandé : 'Toute ma vie, il me manquera comme ça ? Toute ma vie, j'aurai aussi mal ?' Je lui ai répondu que oui."
Michal Gabay, mère de Shani Gabay, également assassinée au festival Nova, est retournée à Reïm et a raconté les questions qui continuent de la hanter. "Je n'arrivais pas à arrêter de penser aux 'si' : si j'avais réussi à te rejoindre, si j'avais réussi à te sauver. Aujourd'hui, je donnerais tout pour pouvoir me disputer encore une fois avec toi", a-t-elle confié.
La colère s'exprime également parmi les familles des kibboutzim de la bordure de Gaza. Gal Goren, dont les parents Avner et Maya Goren ont été assassinés le 7 octobre, a évoqué les derniers instants de son père : "Nous, les citoyens, sommes restés seuls pour nous sauver nous-mêmes, à l'époque comme aujourd'hui." Meital Weiss, dont le père Ilan a été assassiné et enlevé tandis que sa mère Shiri et sa sœur Noga étaient prises en otage à Beeri, a raconté avoir compris dès le 8 octobre qu'"il n'y avait déjà plus personne à sauver" dans la maison de ses parents.
À Nahal Oz, les proches des soldates tuées lors de l'attaque ont également témoigné. Shahar, sœur de l'observatrice Shay Ashram, a exprimé le vide laissé par sa disparition, tandis que Daniella Gilboa, qui servait avec elle, a résumé le poids du deuil trois ans plus tard : "Tellement de commémorations... comment choisir à laquelle aller ? Mon cœur brûle de vous revoir."