Vol Flydubai : Netanyahou confie au Conseil national de sécurité l’examen des procédures de contrôle des vols étrangers
La décision intervient alors que l’incident du 30 septembre a mis en lumière de possibles failles dans le dispositif israélien


Benyamin Netanyahou a ordonné ce dimanche un examen approfondi des procédures de sécurité entourant les compagnies aériennes étrangères desservant Israël, à la suite de la tentative d’attaque à bord d’un vol Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv.
Selon le Bureau du Premier ministre, Netanyahou a chargé le chef du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben-Ezra, de nommer un inspecteur indépendant afin d’examiner l’ensemble des dispositifs de sécurité applicables à l’aviation civile étrangère et de formuler, si nécessaire, des recommandations pour renforcer les procédures en vigueur.
La décision intervient alors que l’incident du 30 septembre a mis en lumière de possibles failles dans le dispositif israélien de contrôle des équipages étrangers. Au-delà de l’attaque elle-même, l’affaire soulève désormais une question centrale : qui était chargé de détecter le risque que représentait le copilote avant qu’il ne monte à bord de l’avion ?
Les autorités israéliennes se renvoient depuis plusieurs jours la responsabilité. Le ministère des Transports affirme ne pas être un organisme de renseignement et soutient qu’il n’est pas chargé d'effectuer les vérifications de sécurité individuelles concernant les équipages étrangers. La ministre des Transports, Miri Regev, a notamment déclaré que les questions de renseignement relevaient des services de sécurité et que, pour les compagnies étrangères, le Mossad était impliqué dans les procédures de contrôle.
De son côté, le Shin Bet a fait valoir que le ministère des Transports avait la responsabilité du contrôle des listes de passagers et d’équipage des vols étrangers. Cette divergence est d’autant plus sensible que les autorités israéliennes avaient, selon des responsables régionaux cités par l’Associated Press, reçu des Émirats arabes unis à l’avance les informations concernant les passagers et les membres d’équipage du vol, y compris leurs nationalités. Aucun signal d’alerte n’aurait toutefois été déclenché concernant le copilote.
Le débat porte ainsi moins sur l’existence d’informations que sur l’organisme chargé de les exploiter, de procéder aux vérifications et, le cas échéant, d’empêcher un membre d’équipage considéré comme problématique d’entrer en Israël.
Cette confusion trouve notamment son origine dans l’évolution du dispositif israélien de sécurité aérienne. Selon des documents du Conseil national de sécurité cités par Army Radio et rapportés par The Times of Israel, la responsabilité de certains contrôles concernant les compagnies étrangères avait été transférée du Shin Bet vers le ministère des Transports. En 2021, le cabinet de sécurité avait notamment décidé que l’Autorité de l’aviation civile devait vérifier que les dispositifs de sécurité appliqués par les compagnies étrangères dans certains pays respectaient les normes internationales.
Cette répartition des compétences fait aujourd’hui l’objet d’un examen particulièrement attentif. Des responsables israéliens avaient, selon plusieurs médias, déjà exprimé des inquiétudes concernant le niveau de sécurité des vols étrangers. Le chef du Shin Bet, David Zini, aurait notamment alerté ces derniers mois sur les dispositifs de sécurité entourant les vols en provenance des Émirats arabes unis. Le service précise toutefois que ses responsabilités directes concernent principalement la sécurité des compagnies aériennes israéliennes, tandis que Flydubai relève du secteur de l’aviation étrangère.
D’autres révélations compliquent encore la situation. Selon Haaretz, des sources sécuritaires estiment que le ministère des Transports et le Mossad étaient censés examiner la liste des membres d’équipage. Le ministère affirme pour sa part ne pas avoir effectué de contrôle de renseignement indépendant sur les équipages étrangers.
Face à cette cacophonie, l’intervention de Netanyahou vise également à déterminer précisément où se situe la faille dans la chaîne de contrôle. Le Premier ministre avait déjà reconnu l’existence d’une « brèche » dans le dispositif et affirmé qu’Israël devait tirer les leçons de l’incident.
Le cabinet de sécurité doit également examiner les circonstances de l’affaire, tandis que les enquêtes menées par Israël, les Émirats arabes unis et les autorités saoudiennes se poursuivent. Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs israéliens tendent à privilégier l’hypothèse d’un acte commis par un individu isolé, même si toutes les pistes restent examinées.
La controverse est désormais devenue politique. L’opposition accuse le gouvernement et le ministère des Transports d’avoir laissé subsister une faille dans le contrôle des équipages étrangers. D’anciens responsables du ministère contestent également la version de Miri Regev sur la répartition des responsabilités.
L’examen ordonné par Netanyahu devra donc déterminer non seulement comment un copilote omanais, dont le profil aurait dû susciter des interrogations, a pu être affecté à un vol à destination d’Israël, mais aussi quelle administration ou quel service disposait des informations nécessaires pour empêcher cette situation.
En attendant les conclusions de l’enquête, Flydubai a suspendu ses liaisons avec Israël. Les autorités israéliennes cherchent désormais à renforcer le contrôle des équipages étrangers et à déterminer comment éviter qu’une faille similaire ne puisse se reproduire.