Jérusalem: Israël installe des caméras à l'entrée du Mont du Temple

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Caméra de surveillance installée à l'entrée du Mont du Temple par la police à Jérusalem
Caméra de surveillance installée à l'entrée du Mont du Temple par la police à Jérusalem

Abbas annule la réunion de coordination sécuritaire entre Israéliens et Palestiniens, une première depuis 2005

La police israélienne a installé dans la nuit de samedi à dimanche des caméras "intelligentes" à l'entrée du Mont du Temple, devant la porte du Lion, alors que Mahmoud Abbas a annulé les réunions de coordination sécuritaire entre les responsables israéliens et palestiniens, une première depuis son élection en 2005.

Le système de vidéosurveillance placé par les autorités israéliennes dans la nuit, qui est utilisé dans la plupart des aéroports du monde entier, est doté d'une technologique de reconnaissance thermique, capable de détecter les armes à feu et les armes de poings.

Ce système pourrait remplacer les détecteurs de métaux installés la semaine dernière suite au meurtre de deux policiers israéliens dans le lieu saint, si son efficacité est avérée, rapporte le site de la chaîne Channel 10.

De son côté, le Waqf, l'organisme sous autorité jordanienne chargé des lieux de culte musulmans, s'est empressé d'affirmer son opposition aux caméras.

"Nous n'accepterons aucune option. Il faut revenir à la situation qui prédominait auparavant", a-t-il fait savoir.

Des dizaines de fidèles musulmans venus dimanche matin prier à la porte des Lions, ont également affiché leur hostilité à cette nouvelle mesure.

"Nous n'accepterons pas de nouvelles inspections. Notre lutte continuera sans interruption toute la journée", a déclaré un des fidèles, cité par le site Ynet.

"Nous n'accepterons pas d'être contrôler pour rentrer dans la mosquée Al Aqsa. Nous ne sommes pas des criminels qu'il faut humilier. Le gouvernement et le ministre de la Sécurité publique doivent arrêter de faire des choix stupides. Ce sont eux qui provoquent cette explosion", a affirmé un autre fidèle.

Durant le week-end, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a demandé au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou d'envisager une alternative au détecteur de métaux.

Escalade de violences en Israël by i24news-fr

Jeudi, lors d'une réunion d'urgence du cabinet de sécurité, il a été décidé de maintenir les détecteurs de métaux vivement contestés par les Palestiniens. Seuls deux ministres s'étaient opposés à la décision.

"Installer des détecteurs n'était pas la bonne décision à prendre et il faut impérativement les enlever", a déclaré samedi soir le ministre de la Construction et du Logement, Yoav Gallant, ancien officier général de l'armée sur Channel 2.

"Les détecteurs servent l'intérêt de ceux qui incitent à la haine", a-t-il ajouté. "Il y a d'autre moyens, tels que des postes de contrôle placés à distance des entrées du Mont de Temple, et il existe également différents systèmes de caméras", a-t-il poursuivi.

Coordination sécuritaire suspendue

Par ailleurs, Mahmoud Abbas a annulé dimanche les réunions de coordination sécuritaire entre les responsables israéliens et palestiniens, en signe de protestation contre les mesures israéliennes, une première fois depuis son élection à la tête de l'Autorité palestinienne en 2005.

Le président palestinien avait déjà annoncé vendredi un "gel des contacts" avec Israël tant que les nouvelles mesures de sécurité mises en place par l'Etat hébreu autour du lieu saint ne seraient pas annulées.

ABBAS MOMANI (AFP/Archives)
ABBAS MOMANI (AFP/Archives)Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 4 janvier 2015 à Ramallah

Si les pourparlers de paix sont au point mort depuis trois ans, les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes ont toujours entretenu leur coopération pour maintenir le calme en Cisjordanie.

Les autorités israéliennes ont fait installer des portiques de sécurité aux entrées du Mont du Temple, après une attaque meurtrière contre des policiers le 14 juillet à proximité de ce site ultra-sensible, provoquant la colère des Palestiniens.

Réunion du cabinet de sécurité

Le cabinet israélien de sécurité doit se réunir à nouveau dimanche afin d'évaluer de nouvelles mesures sécuritaires.

Israël et Cisjordanie ont vécu ce week-end une flambée de violences : cinq manifestants ont trouvé la mort lors de violents affrontements avec les forces de l'ordre israéliennes, tandis que trois civils israéliens ont été assassinés dans leur maison vendredi soir par un terroriste palestinien dans l'implantation de Halamish en Cisjordanie.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a condamné samedi soir l'attaque terroriste, qualifiant le terroriste d'"animal animé d'une haine abjecte".

Ahmad GHARABLI (AFP)
Ahmad GHARABLI (AFP)Des Palestiniens tentent de bloquer le passage de voitures de police israéliennes à proximité de la Porte des lions, dans la vieille ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017

Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir lundi pour "parler urgemment de la façon dont les appels à la désescalade peuvent être soutenus", a indiqué l'ambassadeur suédois à l'ONU, Carl Skau.

Les représentants du Quartette pour le Proche-Orient ont appelé samedi toutes les parties à "faire preuve d'une retenue maximale, à éviter les actions de provocation et à travailler en vue d'une désescalade".

Dans un communiqué daté de Bruxelles, le Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) a dit avoir pris acte des "assurances du Premier ministre d'Israël (Benjamin Netanyahu) selon lesquelles le statu quo sur les lieux saints serait préservé et respecté".

Les envoyés du Quartette encouragent "Israël et la Jordanie (gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, ndlr) à travailler ensemble pour maintenir le statu quo" sur l'esplanade des Mosquées.

Un vœu partagé par l'Union européenne, qui a "encouragé Israël et la Jordanie à travailler ensemble pour trouver des solutions pour maintenir la sécurité pour tous".