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Mini-drones israéliens contre cerfs-volants incendiaires palestiniens


Pour la première fois, l'armée israélienne a dévoilé comment elle envisage de contrecarrer les cerfs-volants incendiaires de Gaza qui ont causé des dégâts considérables dans les champs des localités proches de l'enclave palestinienne.
Ces cerfs-volants, qui ont commencé à apparaître au cours des semaines de manifestations et d'affrontements à la frontière dans lesquels quelque 125 Gazaouïs ont été tués par les tirs israéliens, sont rapidement devenus l’arme de prédilection des Palestiniens pour attaquer Israël sans qu’ils ne se mettent en danger.
Les incendies ont démarré à partir du moment où les cerfs-volants ont commencé à toucher le sol dans les communautés frontalières de la bande de Gaza. Ils auraient déjà causé des dégâts estimés à plusieurs millions de shekels. L’Etat hébreu, mondialement connu pour son savoir-faire high-tech, a tâché de trouver une parade efficace face à cette nouvelle menace artisanale.
Le colonel Nadav Livne, commandant de l'unité Matmon de l'armée israélienne - consacré à la recherche et au développement de la technologie à des fins opérationnelles - a informé jeudi les journalistes de l'utilisation par Tsahal de mini-drones pour contrer la vague dévastatrice de cerfs-volants.
Le colonel Livne a constaté que quelque 500 cerfs-volants et ballons avaient été interceptés par des mini-drones actionnés par 10 à 20 soldats, dont de nombreux réservistes civils, mobilisés spécialement pour cette opération.
L'officier a déclaré qu'il estimait que le taux de réussite d'interception était de "plus de 90%".
"Nous avons adopté certaines technologies", a-t-il ajouté.
"La première est ce qu’on appelle le 'hard kill', de très petits drones qui interceptent le cerf-volant ou le ballon et le font s'écraser au sol. La seconde est un drone en attrape un autre dans les airs et le fait descendre puis atterrir au sol", a-t-il expliqué, ajoutant que d'autres méthodes existaient mais qu’il ne pouvait pas en dire davantage.
Interrogé par i24NEWS sur la possibilité des appareils à ‘survivre’ à l'impact, Livne a répondu que "les drones sont polyvalents. Ils s'écrasent au sol mais ils sont très robustes et nous pouvons les utiliser plusieurs fois".
Cette technologie a été développée en très peu de temps afin de rassurer les habitants du sud du pays, terrorisés par la menace de gigantesques incendies.
Selon Livne, cette technologie a été développée et exploitée "très rapidement" par des soldats de la division technologique de Tsahal.
"C'est à quelques semaines du moment où nous avons relevé le défi que nous avons rendu de bonnes solutions aux forces tactiques", a-t-il précisé.
"Je ne peux pas vous dévoiler la somme qui a été investie mais en termes de budgets de défense ça été un investissement très peu coûteux car il s’agit d’une technologie civile que nous avons adaptée".
Un peu plus tôt cette semaine, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a déclaré que les cerfs-volants incendiaires palestiniens avaient provoqué quelque 200 incendies en territoire israélien. Un chiffre confirmé par Tsahal.
Les habitants des localités proches de la bande de Gaza et les gardes-forestiers du Fonds national israélien interviewés par i24NEWS ont cependant émis des doutes sur ces chiffres et ont estimé que le nombre réel d'incendies était beaucoup plus élevé.
"Avec cette technique, on les fait souffrir"
"Cinq shekels (un peu plus d’un euro) pour le matériel, cinq minutes pour fabriquer le cerf-volant et voilà le résultat", explique Avner Yona, un fermier israélien témoin de l'intention malveillante du cerf-volant, tenant à la main une feuille de plastique avec une armature de bois presque aussi grande que lui et équipée d'un ruban noirci.
Désignant un champ encore vert au loin, il a déclaré qu'il avait encore l’espoir de sauver la récolte de pois chiches prévue pour la mi-juillet ainsi que ses tournesols qui devraient arriver à maturité fin août.
Le fermier estime que les cerfs-volants auraient déjà causé des dégâts aux cultures du kibboutz estimés à deux millions de shekels (475.000 euros).
Le cerf-volant découvert par Yona a peut-être été lancé depuis l'extérieur du camp de réfugiés voisin d'Al-Bureij.
Là-bas, une douzaine de jeunes gens sont assis sur un grand banc de sable face à Israël, ajoutant à des cerfs-volants et des ballons des engins incendiaires de fortune.
"Si vous attachez assez de corde aux cerfs-volants, ils peuvent parcourir 20 ou 30 kilomètres", explique Abu Moussa, 25 ans. "Dès qu'il arrive au-dessus de la forêt, nous le coupons".
"Notre objectif est de mettre le feu à leurs fermes", ajoute Abu Majd, 28 ans, qui conclut, "avec cette technique, on les fait souffrir".
Cet article, initialement écrit en langue anglaise, a été traduit par Laetitia Journo.