"Sans accord sur la nouvelle chaîne, nous irons aux urnes" (Netanyahou)

Le Premier ministre israélien Benjamin lors de la réunion de son cabinet le 15 janvier 2017 à Jérusalem
RONEN ZVULUN (POOL/AFP)
"Netanyahou veut provoquer de nouvelles élections, la chaîne n'est qu'un prétexte" (proches de Kahlon)

"Si nous n'arrivons pas à un accord avec le ministre des Finances concernant le lancement de la nouvelle chaîne de radiodiffusion, nous irons aux urnes", a déclaré samedi le chef du gouvernement israélien Benyamin Netanyahou aux ministres du Likoud.

Netanyahou a convoqué samedi, avant la fin du Shabbat, ses ministres à son domicile pour leur faire savoir qu'il était revenu sur sa décision concernant le lancement de la nouvelle Entreprise publique de radiodiffusion (IPBC).

Le Premier ministre s’était vivement opposé à la création de l'IPBC prévue pour remplacer l'Autorité israélienne de radiodiffusion (IBA), critiquant le "penchant gauchiste" présumé de la nouvelle antenne, et réclamant le report de son lancement pourtant imminent.

Puis il s'était ravisé jeudi sous la pression du ministre des Finances Moshe Kahlon qui n'était pas prêt a accepter ce nouveau report.

Samedi, Netanyahou réitère son opposition sur sa page Facebook, arguant que le lancement de l'IPBC serait plus coûteux que de préserver IBA.

"Alors à quoi bon une nouvelle Corporation?", a-t-il questionné.

AFP

Prétexte à de nouvelles élections

Selon des responsables du parti Koulanou (parti du ministre des Finances), Netanyahou se comporte "de manière irrationnelle".

"Il veut provoquer de nouvelles élections, la chaîne n'est qu'un prétexte", ont-ils déclaré samedi soir.

"Le ministre de l'Education Naftali Bennett (Foyer juif) a pour sa part appeler la coalition parlementaire "à agir de manière responsable".

"Je demande à tous d'agir de manière responsable et d'éviter des élections inutiles et coûteuses qui pourraient nuire à l'économie ainsi qu'à nos citoyens", a-t-il déclaré samedi soir dans un tweet.

"Avec un peu de bonne volonté, nous pourrons surmonter cette crise", a-t-il ajouté.

Violation du Shabbat

Par ailleurs, Netanyahou n'a visiblement pas attendu la fin du Shabbat pour convoquer ses ministres, ce qui a indigné le bloc religieux de sa coalition.

Knesset

Le ministre de la Santé, Yaakov Litzman du parti ultra-orthodoxe Yahadout Hatorah, s'est indigné en apprenant la tenue de la réunion.

"J'ai été choqué de la tenue de cette réunion entre Netanyahou et certains de ses ministres avant la fin du Shabbat, violant l'accord du statu quo en vigueur", s'est-il insurgé.

"Le Shabbat est le jour de repos national en Israël, et aucune activité officielle ne peut être effectuée", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur Aryé Dery, du parti religieux Shas, s'est entretenu avec Netanyahou samedi soir pour lui faire part de sa colère.

"Cette réunion n'était pas un cas de force majeure, et il n'y avait donc aucune raison de ne pas respecter Shabbat", a-t-il fait savoir.

En Israël, le terme de statu quo se réfère à un accord informel conclu en 1947 entre les dirigeants laïcs et les autorités religieuses juives, leur accordant des concessions sur quatre sujets majeurs:

Le respect du Shabbat, l'éducation, la cacheroute, et les règles matrimoniales.

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