Quantcast i24NEWS - Recommandations de la police contre Netanyahou: la classe politique israélienne réagit

Recommandations de la police contre Netanyahou: la classe politique israélienne réagit

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) parle à son ministre des Finances Moshé Kahlon lors d'un conseil des ministres, le 11 janvier 2018 à Jérusalem
RONEN ZVULUN (POOL/AFP/Archives)
Le Likoud fait bloc derrière le Premier ministre, de nombreux élus de l’opposition demande sa démission

Il clame son innocence, et exclut de quitter son poste; telle a été la réaction de Benyamin Netanyahou, mardi soir, après les recommandations de la police israélienne à la justice.

Le Premier ministre israélien pourrait être inculpé pour "corruption, fraude et abus de confiance" dans deux affaires distinctes, qui ont demandé 24 mois d’enquête.

Au Likoud, on ne se laisse pas déstabiliser par la situation.

Dans les couloirs de la Knesset, la députée Sharren Haskel dit croire à l’innocence de son Premier ministre: "Au fil des années il s’est bâti une réputation d’homme et de leader honnête et de confiance. Je pense que tout ça va se tasser. Je demande aux médias de peser leurs mots et de laisser la justice faire son travail".

Le ministre des Affaires de Jérusalem et de la Protection de l'environnement, Ze'ev Elkin critique un "festival médiatique" entourant les recommandations de la police et les qualifient de "tentative regrettable d'exercer des pressions illégitimes sur le système public et politique pour renverser un gouvernement de droite, en contradiction totale avec la loi".

L’élu du Likoud a ajouté qu’il était convaincu que "Netanyahou continuera à servir entant que leader du pays pendant encore de nombreuses années".

Quant au chef de la coalition, David Amsalem, il conclut: "Un gouvernement est remplacé par les urnes et non par l'armée ou la police".

Moshe Kahlon, ministre des Finances et chef du parti Koulanou, a lui indiqué sur sa page Facebook que "seul le procureur général peut prendre la décision de déposer ou non un acte d’accusation".

Une opposition israélienne en colère

Mais du côté de l’opposition c’est un tout autre ton qui est donné: le principal parti d'opposition, l'Union Sioniste, a déclaré que Benyamin Netanyahou devrait démissionner immédiatement ou être expulsé par ses partenaires de la coalition.

Sur son compte Twitter, la députée Merav Michaeli se désole de la situation, indiquant que le Premier ministre israélien "a brûlé toute la démocratie" pour pouvoir rester à son poste. La membre de l’Union Sioniste conclut, en s’adressant à Benyamin Netanyahou: "C’est un triste jour. Allez vous occuper de vous, et laissez-nous nous occuper de nous"; une invitation au Premier ministre à ce qu’il quitte son poste…


Le leader du parti travailliste s’est lui aussi exprimé suite au communiqué de la police, qui a indiqué "qu’il existait suffisamment de preuves contre le Premier ministre pour l’inculper pour avoir accepté des pots-de-vin, pour fraude et abus de confiance".

Pour Avi Gabbay "L’ère Netanyahou est terminée".


Chez certains élus, le fait que Benyamin Netanyahou s’accroche dur comme fer à son siège de Premier ministre est inacceptable: "Un tyran corrompu, sans retenue, que la police demande d’inculper pour des chefs d’inculpation des plus graves annonce qu’il ne s’en va pas. Ses actions sont corrompues et laides, son comportement est violent et égocentrique, il est prêt à tout détruire pour survivre" critique Shelly Yachimovich

Le chef de la Liste arabe unifiée, Ayman Odeh, a quant à lui qualifié Benyamin Netanyahou de "dirigeant dangereux", avertissant: "Il fera tout ce qu’il faut pour rester au pouvoir".

L’image de Netanyahou écorchée à l’international ?

Si la décision officielle de mettre Benyamin Netannyahou en examen dépend du procureur général Avishaï Mandelblit et pourrait mettre plusieurs semaines, les recommandations de la police israélienne sont un réel coup porté à l’image de Netanyahou, au sein de l’Etat hébreu mais aussi à l’étranger.

Lors de son discours mardi soir, c’est un message clair que Netanyahou a envoyé à ses homologues étrangers: "Je ne vais nulle part. Je suis toujours en charge. Je suis toujours votre interlocuteur et je le serai pour les années à venir".

Jeudi, le Premier ministre israélien se rendra en Allemagne pour la conférence annuelle de Munich sur la sécurité où il rencontrera un certain nombre de dirigeants mondiaux.

L’occasion pour Benyamin Netanyahou de montrer et réaffirmer à la communauté internationale qui il est: le chef du gouvernement israélien… depuis presque 10 ans.

Commentaires

(5)

"honnête" peut-etre, avare certainement. "De confiance" quand on est capable de s'allier a n'importe quoi dans le seul but de garder son siege, sans etat d'ame quant aux consequences ?

Nous ne regardons pas tous dans la même direction pour l'instant je regarde en direction de l'Iran, de la Syrie, du Liban et je me dis que cette situation doit beaucoup réjouir les ennemis d'Israël. Israël peut-il se payer le luxe de la rigueur politicienne, aujourd'hui ?

Bibi doit rester

glouni super ton message

Il a manifestement fait son temps Tout système politique doit se régénérer surtout en temps de crise morale et sécuritaire !! La morale et l’honnêteté sont des valeurs cardinales Imagine t on Golda meir ou menahem begin dans de telles carambouilles ?

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