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7 octobre : l'ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou l'accuse d'avoir falsifié des comptes rendus


"Le document rendu public ne reflète pas ce que j'ai vu, entendu et les discussions auxquelles j'ai participé", affirme Avi Gil, dénonçant des "mensonges" et des "demi-vérités"

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  • 7 octobre 2023
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L'ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou, le général Avi Gil
L'ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou, le général Avi GilYonatan Sindel/Flash90

Trois ans après le massacre du 7 octobre, le général de réserve Avi Gil, ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou, brise le silence et met directement en cause la gestion des événements par le Premier ministre et son entourage. Dans un entretien accordé jeudi soir à la chaîne israélienne N12, celui qui avait personnellement réveillé Netanyahou au matin de l'attaque du Hamas affirme que des comptes rendus officiels ont été modifiés et que plusieurs recommandations sécuritaires avaient été rejetées avant le massacre. Ses révélations ont provoqué une tempête politique en Israël.

Âgé de 54 ans, Avi Gil a occupé pendant trois ans les fonctions de secrétaire militaire auprès de Naftali Bennett, Yaïr Lapid puis Benjamin Netanyahou. Présent lors des discussions les plus sensibles, il affirme avoir consigné les événements dans 16 cahiers, dont le contenu a été numérisé et conservé sur un ordinateur classifié du renseignement militaire.

"Il est de mon devoir de venir dire ce que je sais et ce que j'ai consigné", explique-t-il, précisant qu'il remettra l'ensemble de ses notes à une éventuelle commission d'enquête nationale.

Avi Gil contredit notamment la version selon laquelle Benjamin Netanyahou n'aurait pas été suffisamment alerté des risques sécuritaires avant le 7 octobre. Selon son témoignage, le Premier ministre avait reçu de nombreux avertissements, notamment quatre lettres d'Amit Sa'ar, alors responsable de la recherche au sein du renseignement militaire, ainsi que des mises en garde du chef du renseignement militaire, du chef d'état-major et du directeur du Shin Bet. Gil affirme également que des opérations préventives contre des responsables terroristes à Gaza avaient été proposées, mais n'avaient pas été approuvées.


L'ancien secrétaire militaire dénonce par ailleurs des pratiques suspectes au sein du bureau du Premier ministre. Quelques semaines après le massacre, il aurait découvert que des collaborateurs de Netanyahou cherchaient à récupérer des comptes rendus officiels en dehors des procédures habituelles, ce qui l'avait conduit à alerter la procureure générale. S'il ne peut confirmer que d'autres documents ont été falsifiés, il accuse le Premier ministre d'avoir présenté au contrôleur de l'État une version incomplète et trompeuse des événements précédant le 7 octobre, évoquant des "mensonges" et des "demi-vérités".

Interrogé sur les accusations de trahison au sein de l'appareil sécuritaire, il les rejette catégoriquement. "Il y a eu des échecs, un échec retentissant du système. Mais une trahison ? Non", déclare-t-il, dénonçant des accusations qui fragilisent la cohésion de la société israélienne.

Révélation ou calomnie ? - Haaretz: "MBZ alerte Netanyahou 10 jours avant le 7 Octobre"
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Une vague de réactions politiques

Les déclarations d'Avi Gil ont immédiatement suscité de vives réactions au sein de l'opposition. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot a accusé Benjamin Netanyahou d'avoir "trompé et trahi la confiance de tout un pays", estimant que le Premier ministre avait ignoré des avertissements répétés. Il a demandé à la procureure générale d'examiner d'éventuelles infractions pénales.


L'ancien Premier ministre Naftali Bennett a réclamé le départ immédiat de Netanyahou. "Netanyahou doit rentrer chez lui aujourd'hui", a-t-il déclaré, affirmant que ces révélations justifiaient non seulement la création d'une commission d'enquête nationale, mais également l'ouverture d'une enquête pénale.

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid a, de son côté, accusé Netanyahou d'avoir ignoré les alertes et de chercher depuis à "réécrire l'histoire". Avigdor Lieberman a demandé l'ouverture immédiate d'une enquête visant le Premier ministre et son entourage, tandis que Yaïr Golan, président du parti Les Démocrates, a qualifié les révélations de "séisme".

Benjamin Netanyahou met en cause son ancien secrétaire militaire

Face à ces accusations, Benjamin Netanyahou a répliqué en mettant directement en cause Avi Gil. Selon le Premier ministre, son ancien secrétaire militaire disposait d'informations sur l'imminence d'une attaque, mais aurait choisi de ne pas le réveiller à temps.

Avi Gil a toutefois livré une chronologie précise des événements. Selon son récit, un officier du renseignement de son service avait reçu à 3 h 55 une information faisant état de mouvements suspects à Gaza, mais celle-ci comportait également plusieurs indications suggérant une situation habituelle, sans urgence immédiate. Gil affirme avoir été réveillé à 6 h 12, avant de contacter Benjamin Netanyahou après le déclenchement des tirs de roquettes. À 6 h 40, il lui aurait annoncé explicitement : "Nous sommes en guerre."


L'ancien secrétaire militaire affirme également qu'une sténographe lui avait signalé une demande émanant du chef de cabinet de Netanyahou, Tzachi Braverman, visant à modifier l'heure de cet échange dans un compte rendu officiel, pour la faire passer de 6 h 40 à 6 h 29. Il assure avoir alerté la procureure générale de cette démarche, qu'il qualifie de falsification.

Ces accusations, dont la portée judiciaire reste à déterminer, relancent les appels à une commission d'enquête nationale indépendante sur les défaillances ayant précédé et accompagné l'attaque du 7 octobre.

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