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Israël : le budget 2026 adopté dans la controverse après une manœuvre de la coalition
Yair Lapid a accusé le gouvernement de "piller les citoyens" tandis que Naftali Bennett a critiqué une adoption nocturne destinée, selon lui, à masquer une décision controversée


Le budget de l’État israélien pour 2026 a été adopté dans la nuit à la Knesset, avec 62 voix pour et 55 contre, au terme d’une séance houleuse marquée par une manœuvre controversée de la coalition. Celle-ci a réussi à faire approuver le transfert de centaines de millions de shekels vers l’éducation orthodoxe et les institutions exemptées, en profitant d’un moment de confusion au sein de l’opposition, dont certains membres ont voté par erreur en faveur d’amendements présentés par la majorité.
Pendant plusieurs minutes, des députés de l’opposition ont en effet soutenu ces amendements, permettant leur adoption avec une majorité inhabituelle, allant jusqu’à 109 voix sans opposition pour l’un d’eux. La situation n’a été rectifiée qu’après l’intervention de députés arabes, qui ont alerté leurs collègues. Cette stratégie a permis à la coalition de faire passer des mesures budgétaires contestées, malgré les réserves exprimées par les conseillers juridiques.
Les réactions politiques n’ont pas tardé. Le chef de l’opposition Yair Lapid a dénoncé une dérive sans précédent, accusant le gouvernement de "piller les citoyens" en pleine période de guerre. Son parti, Yesh Atid, envisage de saisir la Cour suprême. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a lui aussi critiqué une adoption nocturne destinée, selon lui, à masquer une décision controversée, tandis que d’autres responsables politiques ont évoqué une atteinte grave à la confiance publique.
Du côté du gouvernement, le ministre des Finances Betsalel Smotrich a défendu un budget qu’il juge essentiel pour financer l’effort de guerre et renforcer la position stratégique d’Israël. Il a affirmé que ce plan permettrait de "remporter la guerre" et de transformer durablement l’équilibre régional. Le budget prévoit un plafond de dépenses d’environ 700 milliards de shekels, avec une hausse notable des crédits alloués à la défense, qui dépassent désormais 142 milliards de shekels.
Au-delà des chiffres, l’adoption du budget s’inscrit dans un contexte politique sensible. Selon plusieurs informations, le soutien des partis orthodoxes aurait été conditionné à l’adoption d’une loi élargissant les compétences des tribunaux rabbiniques, adoptée quelques jours plus tôt. Cette concession, conjuguée aux controverses sur les fonds alloués aux institutions religieuses, alimente les critiques sur la gestion des priorités nationales en période de conflit.