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Etre femme et s'engager dans une unité combattante mixte en Israël

Soldate israélienne servant dans l'unité combattante mixte Bardelas
Aimable autorisation Tsahal
"Les femmes israéliennes sont des battantes, des filles avec du caractère, elles sont fortes, très fortes"

A l'occasion de la Journée internationale de la Femme, I24NEWS a pu s'entretenir avec des soldates qui ont choisi de se porter volontaires pour devenir combattantes en Israël. Les Israéliennes sont tenues d'effectuer un service militaire obligatoire de 2 ans. Mais certaines d'entre-elles, environ 5%, décident de servir aux côtés des recrues masculines pendant trois ans, une particularité.

Tsahal, l'armée de Défense d'Israël, donne à ces jeunes femmes l’opportunité de se former au combat au sein d'unités mixtes, qui gomment les inégalités entre les deux sexes et permettent aux femmes de témoigner de leur attachement à la Terre d'Israël et de "servir (leur) pays au même titre que les garçons".

"Être combattante à l'armée c'est donner un an de plus pour protéger notre pays car c'est notre terre, là où on vit. Ici on a une histoire forte, un attachement, on se sent tous reliés car il y a quelque chose de spécial en Israël", explique Morgane, une combattante dans le bataillon Bardelas, qui protège la frontière entre l'Etat hébreu et la Jordanie dans le désert de l’ "Arava" au sud du pays, entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba.

Morgane est née en Israël mais elle est retournée en France à l'âge d'un an jusqu'à ses 14 ans. Après son retour (Alya) et une scolarité dans un lycée israélien, la question de son engagement s'est alors posée. "J'ai beaucoup hésité. C'est un grand changement mais au final j'ai choisi l'armée", se rappelle la jeune femme de 19 ans.

Aimable autorisation Tsahal

"Tout le monde au même niveau"

La mixité au sein du bataillon revêtait pour elle "beaucoup d'importance". "Il y aura toujours des différences entre les garçons et les filles. Les garçons ont par exemple plus de force physique mais ça ne veut pas dire que l'on n'en est pas capable. Au sein de notre bataillon, ils mettent tout le monde au même niveau", souligne Morgane.

La difficulté liée à cette égalité de traitement a pour effet de resserrer les liens et de forger une personnalité combative et solidaire, qui pousse à penser aux autres "avant de penser à soi".

"Quand on est sur le terrain pour les exercices, il n'y a que nous ", raconte Morgan. "Alors il faut apprendre à se débrouiller avec les autres. Apprendre à partager, comme on partage une boîte de thon par exemple. Etre attentif aux autres. Ne pas se lâcher. Ramasser ceux qui tombent. On a tous commencé ensemble et on finira tous ensemble", ajoute-t-elle.

Aimable autorisation Tsahal

Des propos partagés par Anaëlle, 20 ans, combattante dans le bataillon des "Lionnes du Jourdain", une autre unité mixte et paritaire, qui maintient la sécurité au nord de la mer Morte à la frontière avec la Jordanie.

Au sein de ces unités les rapports entre les garçons et les filles se modifient au point de créer une nouvelle conception du sexe opposé et de faire naître l’idée de "frères et de sœurs d’armes" au-delà de toute préoccupation sentimentale.

"Au début, la formation est très dure. Mais après ce qu'on a vécu, on se considère comme des frères et des sœurs qui veulent se protéger mutuellement", confie Anaëlle à I24NEWS.

Elle est née en France où elle a toujours vécu jusqu'à son arrivée en Israël, il y a un an. Après une formation d'esthéticienne, elle réalise qu'elle a besoin d'en faire plus pour atteindre son but: "vivre en Israël". "C'est pour cela que j'ai voulu faire l'armée", explique la jeune femme.

"Je pense qu'on ne peut pas vivre en Israël sans aider ce pays car il en a besoin. Intégrer l'armée était aussi important pour maîtriser la langue, pour rencontrer des gens et pour la force physique et morale qu'on peut y acquérir", déclare-t-elle.

Aimable autorisation Tsahal

Les femmes israéliennes sont des “battantes”

Ne parlant pas un mot d'hébreu, elle a suivi dès son incorporation des cours intensifs (Oulpan) dans sa base militaire pendant trois mois. Des débuts qui lui ont donné "de bonnes bases" mais qui l'ont un peu "déboussolée". Ce n'est qu'après cette période qu'elle a intégré une unité combattante où "c'était beaucoup plus dur car les commandants parlaient vite".

Mais les Israéliens "sont très chaleureux et dès le début j'ai été accueillie comme une des leurs. Ils avaient beaucoup de respect à mon égard car j'étais sans famille ici et je ne parlais pas la langue. Ils m'ont tout de suite prise sous leurs ailes", raconte-t-elle.

Anaëlle ne cache pas que l'absence de sa famille et le manque de " confort de la maison" ont été éprouvants. "Mes parents ont été surpris par ma décision, ils ne réalisaient pas vraiment. J'ai commencé à leur raconter mes histoires mais si on n'a pas fait l'armée, on ne peut pas comprendre", explique-t-elle.

Or, à l'occasion de la "Massa Kumta" (une marche de nuit de 57 km pour recevoir le béret de l'unité, ndlr), qui teste toutes les capacités que les soldats ont acquises au cours des six derniers mois, ses deux sœurs et sa mère sont venues lui rendre visite en Israël pour la soutenir.

"C'est la première fois que j'ai vu la fierté dans les yeux de mère qui pleurait. J'ai su alors que je faisais une chose bien. C'est pour ce moment-là en particulier que je n'ai pas baissé les bras et que j'ai fini mes entraînements malgré la difficulté", affirme Anaëlle.

Et elle sent qu'elle a changé. "Les femmes israéliennes sont des battantes, des filles avec du caractère, parfois même intimidantes", plaisante-t-elle avant d'ajouter que "les femmes ici sont fortes, très fortes".

Pour elle, comme pour Morgane, être une femme israélienne c'est aussi être sioniste. "Pour tous les Juifs en France, pour tous ceux qui ont des petits problèmes ou qui se cherchent, je les encourage à faire l'armée, c'est le meilleur moyen de connaître Israël et ses habitants. Cela les formera à la vie", conclut-elle.

Nathalie Boehler est journaliste et rédactrice Web pour le site internet français de I24NEWS

Commentaires

(1)

C est magnifique

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