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Lorsque l'hébreu et l'art se rencontrent dans la rue


Des visites linguistiques de Tel-Aviv pour les personnes “traumatisées” par les cours de langue traditionnels

Armé seulement d'un petit tableau blanc portable, quelques marqueurs de couleur et une richesse de connaissances locales, Guy Sharett propose un type différent de visite de Tel Aviv

Lors d’une récente promenade lors d’un après-midi de fin d’été dans son quartier bien-aimé Florentin, Sharett réussit à dévoiler à un groupe de touristes et de résidents locaux les derniers graffitis, l'art politique de la rue et ses secrets cachés. Il utilise en même temps l'art pour leur enseigner les groupes verbaux en hébreux et comment une féministe israélienne pourrait répondre à un homme matant ses seins trop longuement. Pas mal pour une heure et demi de travail!

Sharett insuffle son amour de la langue et de la culture pour rendre les rues vivantes, révélant ainsi l'art dynamique de la rue dans l'un des quartiers les plus branchés de Tel-Aviv. Il en profite en même temps pour enseigner un peu d'argot hébreu et pour donner une courte leçon de grammaire.

La visite fait partie de StreetWise Hebrew , sa propre méthode d'enseignement de l’hébreu qui combine les images, les sons, les odeurs et les saveurs de Tel Aviv.

En sirotant une boisson fraîche dans un café après avoir mené une expédition passionnée dans les rues de Florentin, Sharett explique à i24news ce qui l'a conduit à mettre en place Streetwise Hebrew il y a quatre ans.

"Ca a commencé en 2011 lors des manifestations pour la justice sociale qui ont pris d'assaut les rues de Tel-Aviv," dit-il. "Je voyais que beaucoup de gens qui avaient étudié l'hébreu dans les classes privées ne comprenaient pas ce qui était écrit sur les bannières que brandissaient les manifestants."

Conscient de l'opportunité d’enseigner l’esprit israélien aux gens tout en leur apprenant la langue, Sharett a décidé d'offrir des visites du campement de tentes installées sur le boulevard Rothschild, tout en expliquant les blagues et les codes culturels.

Si les enseignants d’hébreu dans les écoles juives et les écoles du dimanche de la diaspora sont des figures quasi-parentales strictes qui enseignent des règles de grammaire ennuyeuses, Sharett est comme le jeune oncle cool gay qui vous apprend tous les mots d'argot et qui vous expose à des références culturelles dont tout le monde parle.

"J’ai constaté qu'il y avait un créneau pour les gens qui ont été traumatisés par les Ulpanim (écoles d’hébreu) et les écoles du dimanche", dit-il. "Ils trouvent refuge dans un hébreu qui n’est pas intimidant et l'apprennent par la porte de derrière sans avoir le sentiment que c’est une corvée."

Sa visite guidée de la culture urbaine de Florentin vise les touristes non-juifs sans aucune connaissance de l'hébreu, les touristes juifs qui connaissent un peu d'hébreu et les nouveaux immigrants qui ne peuvent toujours pas suivre une visite en hébreu. "C’est un excellent moyen pour les gens d’ouvrir leurs chakras linguistiques et de voir que l'hébreu n'est pas si mal", explique Sharett.

En plus des visites guidées, le talentueux Sharett a beaucoup d’autres compétences ouvrant les chakras linguistiques. Il y a deux ans, il a lancé le podcast Streetwise Hebrew, une mordante émission hebdomadaire qui traite des perles de l’hébreu moderne. Chaque épisode couvre un concept différent de "Hebrewness" ou d’"israélité". "Je parle de tout. De la façon de laisser quelqu’un jusqu’à comment engueuler les mauvais conducteurs - en hébreu", explique t-il.

"Les méthodes traditionnelles de l'enseignement de la langue sont imparfaites", insiste Sharett. "Je cherche à célébrer la langue. La langue peut être amusante.".

Beaucoup de ses élèves sont des anglophones ayant un lien avec Israël. Cependant une partie des 450.000 téléchargements des deux dernières années provient du monde arabe. "Les téléchargements à partir du monde arabe ne constituent pas un gros pourcentage du nombre total, mais ça me fait plaisir de savoir qu'ils existent. Je reçois des courriels du monde arabe - j'adore ça".

Selon Sharett, les podcasts lui donnent la possibilité d’offrir des cours de langue sans frontières.

Sharett a grandi dans la ville côtière israélienne d'Ashdod. Son père était capitaine de bateau remorqueur et sa mère professeur d'art. Son père invitait les marins du monde entier à leur domicile, de sorte qu'il a été exposé à différentes langues à un âge précoce, alors que sa mère vaquait à son art dans le salon. Sans surprise, mélanger les mondes de la langue et de l'art lui est naturel.

Il a grandi avec le leitmotiv "le monde t’appartient" et c’est dans cet esprit qu’il a décidé de consacrer sa vie à l'apprentissage des langues, à l'enseignement de l'hébreu, à rencontrer des gens et à comprendre leurs cultures. Après avoir appris un peu d’indonésien d'un prêtre javanais qui étudiait l'hébreu biblique à Jérusalem avec lui à l'université, il s’est rendu sur l'île de Java pour prendre un cours intensif de langue indonésienne.

Après un passage à Londres à l'École des études orientales et africaines (SOAS) et ensuite à Bangkok, où il a travaillé en tant que journaliste, Sharett est finalement revenu à Tel-Aviv. Il a alors vu l'identité israélienne sous une toute autre lumière. Il se sentait à la fois familier et étranger. "Je voulais enseigner la langue et l'art à partir d'un niveau de base".

Yonathan Cohen est rédacteur web à I24news.

Commentaires

(1)

Si ce guide était un employé ce forum il aurait une éponge pour effacer les messages qui ne plaisent pas.

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