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Israël : la Cour suprême interdit les autopsies de deux nourrissons décédés à Jérusalem
La Cour suprême a annulé la décision autorisant des autopsies sur deux nourrissons décédés dans une crèche non agréée à Jérusalem, privilégiant le respect des convictions religieuses.


La Cour suprême israélienne a décidé qu’aucune autopsie ne serait pratiquée sur les corps de deux nourrissons décédés lundi dans une crèche non agréée à Jérusalem. Cette décision fait suite à un recours déposé par l’organisation ZAKA, spécialisée dans la prise en charge des victimes et le respect des rites funéraires juifs, au nom des familles des enfants.
Initialement, le tribunal de première instance de Jérusalem avait autorisé la réalisation d’autopsies afin de déterminer précisément les causes du décès. Cette décision avait provoqué une vague de manifestations au sein de la communauté orthodoxe, notamment à Jérusalem, Beit Shemesh et dans plusieurs autres localités du pays. Des axes routiers avaient été bloqués et des heurts avaient éclaté entre manifestants et forces de l’ordre.
Les familles des nourrissons s’opposaient fermement aux autopsies pour des raisons religieuses. Selon la loi juive, le corps humain est considéré comme sacré et ne doit pas être altéré après la mort, sauf dans des cas exceptionnels où une autopsie permettrait de sauver d’autres vies. Les proches ont estimé que ces conditions n’étaient pas réunies en l’espèce.
Après avoir entendu les arguments des différentes parties, la Cour suprême a annulé la décision du tribunal inférieur. Elle a souligné l’importance du respect dû aux défunts et a estimé que les éléments disponibles permettaient d’avancer dans l’enquête sans recourir à des examens post-mortem invasifs. La Cour n’a toutefois pas remis en cause la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances du drame.
Dans un communiqué, ZAKA a salué une décision « humaine et sensible », affirmant qu’elle respectait à la fois les convictions religieuses des familles et la dignité des enfants décédés. Les autorités judiciaires ont rappelé que l’enquête se poursuivrait par d’autres moyens afin d’établir les responsabilités éventuelles liées au fonctionnement de la crèche.
Cette affaire a ravivé le débat en Israël sur l’équilibre délicat entre exigences judiciaires, considérations médicales et respect des traditions religieuses.