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Tennis: Federer, 36 ans et toujours fringant

Roger Federer vainqueur du Néerlandais Robin Haase à Rotterdam, le 16 février 2018
JOHN THYS (AFP)

Une mentalité de jeune premier, un appétit insatiable de records, une programmation raisonnée, un corps relativement épargné et l'aide d'un ponte de la préparation physique sont autant d'atouts qui permettent à Roger Federer de rester au sommet du tennis à 36 ans et six mois.

"Pour moi il bouge mieux que lorsqu'il avait 28 ans (...) Je ne comprends pas comment il arrive à faire un truc pareil. C'est incroyable à regarder!" Le jugement vient de John McEnroe, qui n'a pourtant pas la dithyrambe facile.

En 25 ans d'activité de commentateur, sans compter "15 années passées à jouer", l'ex-légende du tennis a admis que c'est "l'une des choses les plus folles" qu'il a pu voir.

Certes, Federer a profité des maux physiques et moraux de Novak Djokovic, de la longue blessure à la hanche d'Andy Murray pour se faufiler de nouveau au sommet du tennis. Mais à cet âge, c'est "mythique" estime Marc Rosset, son ancien partenaire et capitaine en Coupe Davis qui a assisté à son éclosion.

Il a connu le jeune Bâlois fougueux qui brisait des raquettes et celui, plus apaisé, qui empile record sur record. Pour l'ancien champion olympique (1992), Federer reste le même homme, "un mec respectueux" qui "a toujours besoin de challenges" et qui continue de "kiffer" le tennis.

"J'ai l'impression qu'il a encore plus envie de savourer et de partager ses victoires", note Rosset, pas étonné par la "fraîcheur" du champion.

Comment expliquer cette approche de jouvenceau pour le tennis? "Son métier reste un jeu. Quand on l'aime, on ne se lasse pas de jouer. C'est un aspect essentiel de sa conception qu'il entretient au quotidien", analyse le coach français Emmanuel Planque, dont le poulain, Lucas Pouille (16e mondial), a effectué plusieurs préparations hivernales avec "RF".

- Un métier mais un jeu avant tout -

A Dubaï, en décembre 2016, Planque avait eu une discussion avec le maestro sur le "panier de balles" qu'un entraîneur utilise pour faire répéter ses gammes à son joueur. "Ce n'est pas un exercice qu'il aime car il a besoin d'avoir un joueur en face. Le jeu est extrêmement présent pour lui afin de s'améliorer. Cela évite l'usure et la lassitude", raconte Planque.

Le phénomène suisse a dû se remettre en question pour améliorer un revers passé du statut de point faible à arme fatale contre son grand rival Rafael Nadal.

Comment, néanmoins, continuer de tenir la route physiquement? D'abord, Federer n'a que rarement été blessé. Si son dos, son talon d'Achille, lui joue parfois des tours, il n'a subi qu'une opération (arthroscopie), du genou gauche en 2016.

Contraint de s'arrêter six mois après une rechute, il avait effectué un come-back percutant début 2017 avec un 18e sacre majeur en Australie. "Il a réussi à chaque fois à rebondir, c'est toute sa vie", souligne l'ex-joueur français Arnaud Boetsch, chargé aujourd'hui de la communication chez Rolex, l'un des sponsors du Suisse.

Le Bâlois voyage toujours avec ses proches, sa femme Mirka et leurs quatre enfants. "S'il prend toujours du plaisir sur le circuit, c'est aussi parce que sa famille est autour de lui", argue Boetsch.

- L'influence de Paganini -

Physiquement, le Suisse peut miser sur une mécanique bien huilée. Il n'y a qu'à regarder son jeu de jambes, toujours véloce après 20 années de professionnalisme! D'un point technique, la fluidité de ses coups de raquette donne l'impression qu'il frappe "sans effort" aimait dire Patrice Dominguez, ex-joueur et dirigeant du tennis français, décédé en 2015, qui lui avait consacré un ouvrage.

Sans effort ne veut pas dire sans travail. Federer bénéficie depuis 18 ans des conseils avisés d'un excellent préparateur physique, Pierre Paganini, qui s'occupe aussi de son compatriote Stan Wawrinka. "C'est le meilleur du monde. Il n'y jamais deux séances qui se ressemblent avec lui. C'est hyper varié!", assure Rosset qui a travaillé avec l'ex-décathlonien.

Son influence est déterminante dans les choix de programmation de Federer, qui sait se ménager. L'an passé, il n'a disputé que douze tournois, six de moins que Nadal.

Lucide, il avait zappé l'intégralité de la tournée sur terre battue, la surface la plus exigeante physiquement, où le Majorquin s'était révélé intouchable. Prendre conscience de ses limites, c'est aussi un atout.

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