Quantcast i24NEWS - Giro d’Italia: Jérusalem se prépare au grand départ

Giro d’Italia: Jérusalem se prépare au grand départ

La première étape du Giro d’Italia 2018, à Jérusalem le 4 mai
Laura Jeanneau / i24NEWS

Plusieurs heures avant le top départ, Barel fait déjà le pied de grue. Cet Israélien s’est rendu sur le parcours du Giro d’Italie avec ses deux filles, dès 10h00 du matin.

Si derrière les barrières de sécurité les petites trépignent un peu, de son côté, ce passionné de vélo encourage les coureurs, qui s’entraînent et repèrent le parcours.

"Ca ne va pas être facile aujourd’hui… La météo ne joue pas en faveur des cyclistes, il y a beaucoup de courbes, des montées… Sans parler de l’état de la route", confie-t-il à i24NEWS, un maillot de l’équipe nationale de l’Etat hébreu sur le dos, l’Israel Cycling Academy.

Il fait près de 30°C à Jérusalem, le ciel est couvert, l’air lourd.

Au guidon de leurs machines à deux roues, les cyclistes s’élancent tour à tour. Les quelques passionnées qui se pressent sur la ligne de départ applaudissent vivement. Ils connaissent chaque équipe, reconnaissent les coureurs, malgré les casques et lunettes qui masquent quasi-totalement leurs visages.

Laura Jeanneau / i24NEWS

"Là, c’est Peter Sagan, le champion du monde 2017 !", s’exclame Barel. "C’est facile de le reconnaître, il porte un maillot blanc à quatre bandes", précise le passionné de vélo, à qui pas un seul détail n’échappe…

Quelques mètres plus loin, les fans de cyclisme sont moins studieux, mais tout aussi enjoués.

Yasmine vient de Yokne'am, dans le nord d’Israël. Cette "folle de vélo" - comme elle se présente elle-même - a fait le déplacement sur Jérusalem dès la veille au soir. "J’ai pris un hôtel dans la ville, de façon à être aux premières loges vendredi".

Ce matin, elle a sorti le grand jeu: t-shirt, casquette, sifflet et même tatouage aux couleurs du Giro d’Italia 2018 ! A quelques heures du début de la course, cette Israélienne qui fait "des sorties vélo tous les vendredis et tous les samedis" est sur un petit nuage. "Le fait que le Tour d’Italie commence à Jérusalem cette année, c’est quelque chose de particulièrement émouvant", confie-t-elle à i24NEWS.

Laura Jeanneau / i24NEWS

Un événement aux spécificités israéliennes

C’est également une première. Les organisateurs de la course travaillent sur cet événement depuis plus d’un an.

Jean-François Quénet, membre du service de presse du Giro d’Italie, est habitué des grandes compétitions cyclistes. Cette fois, il a du faire face à des contraintes plutôt inhabituelles.

"D’un point de vue logistique, l’organisation a été un peu différente… Tout d’abord parce que c’est la première fois que le Tour d’Italie commence hors d’Europe, aussi loin de nos bases", confie-t-il à i24NEWS.

D’autres contraintes sont quant à elles spécifiques à l’Etat hébreu: "D’habitude, chaque équipe ramène son propre cuisinier. Les sportifs ont des régimes alimentaires bien précis, qu’ils doivent respecter à la lettre", précise ce membre des opérations. "Et bien cette fois, nous n’avons pas pu ramener notre propre nourriture dans les hôtels, c’est quelque chose à quoi on ne s’attendait pas", indique Jean-François Quénet.

En effet, la plupart des complexes hôteliers de la ville sainte respectent la casheroute (lois alimentaires propres à la religion juive) de façon minutieuse et ne permettent pas que certains produits ou ustensiles soient utilisés dans leurs cuisines… même pour les champions !

Des détails techniques rapidement résolus, et qui ont vite été oubliés, grâce à "l’ambiance bon enfant" qui règne autour de la ligne de départ.

Lorsque l’on demande aux supporters leurs pronostics, c’est le nom du Britannique Christopher Froome qui revient quasiment à chaque fois, malgré sa chute ce matin, lors des entraînements.

i24NEWS

Malgré un engouement démesuré pour la course et la fierté des locaux présents ce vendredi sur la ligne de départ à Jérusalem, le réalisme de ces derniers prend le dessus: "Il y a deux Israéliens qui compètent aujourd’hui, mais ils n’ont aucune chance", indiquent plusieurs membres du public, sans détour.

"C’est la première grande course de ces coureurs", précise Jean-François Quénet, "ils bénéficient d’un excellent encadrement, ils sont jeunes et ils disposent d’une très belle marge de progression" conclut, optimiste, ce membre du Giro d’Italia 2018, à quelques minutes du départ de la course.

Laura Jeanneau est journaliste pour le site d’i24NEWS en français

Commentaires

(0)
8Article précédentIsraël: le Giro respectera le shabbat à Jérusalem (ministre)
8Article suivantGiro d’Italia 2018: une deuxième étape israélienne, de Haïfa à Tel Aviv