Le joueur Sardar Azmoun écarté de la sélection pour "déloyauté" envers le régime iranien
Écarté de la sélection iranienne malgré ses performances, Sardar Azmoun paie un geste jugé politiquement sensible, révélateur des tensions croissantes entre sport et pouvoir en Iran.


L’attaquant iranien Sardar Azmoun, deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection nationale, a été écarté de la « Team Melli » pour le rassemblement de mars, selon des médias locaux. En cause : un acte jugé de « déloyauté » envers le gouvernement iranien.
D’après l’agence de presse Fars, proche des Gardiens de la révolution, le joueur de 31 ans n’a pas été retenu par le sélectionneur Amir Ghalenoei malgré ses statistiques impressionnantes — 57 buts en 91 sélections. L’Iran, déjà qualifié pour la prochaine Coupe du monde, doit disputer deux matchs amicaux face au Nigeria et au Costa Rica les 27 et 31 mars.
Au cœur de la polémique, une photo publiée récemment par Azmoun sur Instagram, où il apparaît aux côtés de Mohammed ben Rachid Al Maktoum. Dans le contexte actuel de tensions régionales, cette rencontre avec l’émir de Dubaï aurait été mal perçue par les autorités iraniennes, alors que Téhéran accuse les Émirats arabes unis de s’inscrire dans un environnement hostile.
Azmoun évolue actuellement au sein du club Shabab Al-Ahli, basé aux Émirats. Son exclusion intervient alors que la sélection iranienne prépare activement le Mondial, malgré un contexte géopolitique particulièrement tendu.
Le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, a d’ailleurs rappelé que si l’Iran « boycottait les États-Unis », il ne renonçait pas pour autant à participer à la Coupe du monde. Un paradoxe, alors que la compétition doit en partie se dérouler sur le sol américain.
La « Team Melli » est ainsi censée jouer ses matchs de groupe aux États-Unis, notamment à Los Angeles et Seattle, avec un camp de base prévu en Arizona. Dans ce contexte, l’éviction d’Azmoun illustre les interférences croissantes entre sport et politique en Iran.