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Découvrez le 5e épisode de « Shani en immersion » consacré à Tel-Aviv sur YouTube !
Shani Guidalia part à la découverte d'une Tel-Aviv-Jaffa qu'elle pensait connaître, mais dont l'histoire se révèle à travers son architecture, ses artisans et son sous-sol


Des façades de la Ville Blanche aux ateliers de Florentin, jusqu'aux vestiges enfouis sous les rues de Jaffa : dans ce nouvel épisode de "Shani en immersion", Shani Guidalia part à la découverte d'une Tel-Aviv-Jaffa qu'elle pensait connaître, mais dont l'histoire se révèle à travers son architecture, ses artisans et son sous-sol.
La visite commence au cœur de la Ville Blanche, où l'architecte Sharon Golan apprend à Shani à "lire" les bâtiments de Tel-Aviv. Lignes épurées, façades fonctionnelles, balcons et ouvertures destinées à favoriser la ventilation : l'architecture moderniste importée d'Europe a dû s'adapter à une réalité bien différente, celle du climat méditerranéen. Lumière, chaleur et circulation de l'air ont ainsi directement influencé la manière de construire.
Mais Tel-Aviv n'a pas seulement été pensée bâtiment par bâtiment. Dans les années 1920, l'urbaniste écossais Patrick Geddes est chargé d'imaginer le développement de la ville. Son plan organise notamment les rues et les îlots afin de favoriser la circulation de la brise et de ménager des espaces plus calmes à l'intérieur des quartiers. Il prévoit également un pôle culturel autour du secteur d'Habima. Un urbanisme dont l'empreinte reste aujourd'hui visible dans une grande partie de la ville.
Changement de décor à Florentin, où Shani pousse la porte de l'atelier de Shay Avrahami, restaurateur de meubles installé dans le quartier depuis 1993. Parmi les rabots, serre-joints et dizaines d'outils accumulés au fil des années, l'artisan restaure aussi bien de petits objets qu'un ancien coffret à cigares que des meubles beaucoup plus imposants.
Shay Avrahami a également vu Florentin se métamorphoser en trois décennies. À son arrivée, le quartier était encore largement marqué par ses ateliers, ses commerces et des habitants installés depuis plusieurs générations. Beaucoup de ces activités ont depuis disparu et les anciens espaces de travail sont devenus des lieux d'habitation. Le quartier s'est rajeuni et transformé, même si l'artisan continue d'y exercer le même métier. "Si tu veux connaître l'histoire d'un homme, ce qu'il fait, regarde ses mains", résume-t-il.
Dernière étape : Jaffa. Derrière l'image familière de sa vieille ville se cache une histoire beaucoup plus profonde, parfois littéralement enfouie sous les pieds des passants. Au Centre archéologique de Jaffa, les découvertes permettent de retracer plusieurs millénaires d'occupation d'une cité portuaire dont la position stratégique a attiré de nombreux empires.
Les objets retrouvés sur place témoignent de ces différentes périodes et des échanges commerciaux qui reliaient Jaffa au reste du monde méditerranéen. L'un des fragments présentés remonte notamment à l'époque du roi assyrien Sennachérib, au VIIIe siècle avant notre ère.
Sous le centre archéologique, les fouilles révèlent quatre couches historiques superposées. Parmi elles figurent les vestiges du marché de l'époque romaine, un système d'approvisionnement en eau ainsi qu'une vaste villa qui aurait compté plusieurs étages et appartenu à de riches habitants de la ville.
Les archéologues y ont également retrouvé des objets importés de différentes régions du monde romain ainsi qu'une inscription vieille d'environ 1 900 ans. Elle porte le nom d'un homme appelé Yehouda et mentionne sa fonction d'"agoranomos", un responsable lié à l'administration du marché. Une trace individuelle qui donne soudain un visage à ceux qui vivaient à Jaffa il y a près de deux millénaires.
Architecture, urbanisme, artisanat et archéologie racontent ainsi une même histoire : celle d'une ville construite par couches successives. Une plongée qui transforme le regard porté sur des rues et des bâtiments souvent traversés quotidiennement sans connaître les histoires qu'ils renferment.