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Fabrice Balanche : "Le plan français est malheureusement voué à l’échec"
Tant que l’Iran soutient le mouvement terroriste chiite libanais, toute tentative de désarmement restera extrêmement difficile.


Invité lundi sur i24NEWS, le professeur et spécialiste du Moyen-Orient Fabrice Balanche a analysé l’évolution du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban. Selon lui, l’intervention israélienne dans le sud du Liban était difficilement évitable après la reprise des tirs du Hezbollah contre le nord d’Israël en solidarité avec l’Iran.
« Dès le 2 mars, le Hezbollah a recommencé à frapper le nord d’Israël », a rappelé l’universitaire. Dans ce contexte, Israël n’avait guère d’autre choix que d’agir pour tenter de repousser le mouvement chiite au-delà du fleuve Litani et réduire la menace pesant sur les localités israéliennes proches de la frontière.
Mais la neutralisation du Hezbollah reste, selon lui, extrêmement complexe. Le mouvement terroriste est profondément enraciné dans la société chiite libanaise, notamment dans le sud du Liban, dans la vallée de la Bekaa et dans la banlieue sud de Beyrouth. Fabrice Balanche évoque même une « osmose » entre le Hezbollah et la population locale, comparable à l’ancrage du Hamas dans la bande de Gaza.
L’expert s’est également montré très sceptique quant à la capacité de l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah. Selon lui, elle ne dispose ni des moyens militaires ni de la volonté politique nécessaires pour mener une telle opération.
Dans ce contexte, les initiatives diplomatiques françaises visant à obtenir un cessez-le-feu et à confier le désarmement du Hezbollah à l’armée libanaise lui paraissent irréalistes. « Donc cessez-le-feu ou poursuite des combats, le plan français est malheureusement voué à l’échec », a-t-il estimé.
Pour Fabrice Balanche, l’évolution de la situation dépendra en grande partie de l’Iran, principal soutien du Hezbollah. Tant que la République islamique continuera d’appuyer militairement et financièrement le mouvement chiite libanais, la perspective de son désarmement restera, selon lui, très incertaine.