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Guerre contre l’Iran : une menace stratégique réduite, mais une guerre d’usure qui s’installe
Pour Raphaël Jerusalmy, l’Iran n’est plus en mesure de représenter une menace stratégique majeure contre Israël, mais poursuit désormais une guerre d’usure.


Raphaël Jerusalmy, ancien officier du renseignement militaire, a mis en lumière dimanche un tournant majeur dans le conflit actuel : la transformation progressive de la menace iranienne, passée d’un danger stratégique existentiel à une capacité de nuisance persistante mais contenue.
Selon lui, les récents échecs d’interception de missiles balistiques, notamment à Dimona et Arad, ne traduisent pas une défaillance structurelle du système de défense israélien. Ils relèvent plutôt d’incidents isolés, liés à la complexité extrême de l’interception de missiles volant à très haute altitude et à grande vitesse. Avec un taux d’interception supérieur à 92 %, le système Arrow 3 demeure, selon Raphaël Jerusalmy, l’un des plus performants au monde, même s’il ne peut garantir une protection totale.
Mais au-delà de la dimension technique, l’expert insiste sur l’évolution stratégique du conflit. Les frappes israélo-américaines auraient significativement affaibli l’arsenal balistique iranien, réduisant ainsi la menace directe contre l’État hébreu. Toutefois, cette diminution ne signifie pas la fin du danger. L’Iran privilégierait désormais une logique de guerre d’attrition, visant à épuiser la population israélienne sur le plan psychologique et économique.
Avec des moyens limités, un seul missile peut suffire à déclencher des alertes massives et à paralyser temporairement le pays. Cette stratégie de harcèlement pourrait se prolonger encore plusieurs semaines, le temps que les effets des frappes sur les capacités iraniennes se fassent pleinement sentir. Jerusalmy estime d’ailleurs que Téhéran utilise ses dernières capacités, tout en conservant des moyens pour d’autres fronts régionaux.
Par ailleurs, il souligne que la menace la plus immédiate pourrait désormais venir du nord, avec les tirs du Hezbollah à courte portée. La priorité militaire israélienne serait ainsi de sécuriser une zone tampon au Liban sud, face à des combattants déterminés à mener des attaques et des enlèvements.
En définitive, si la menace balistique iranienne a été significativement réduite, le conflit entre dans une phase plus diffuse, marquée par une pression constante et multiforme sur Israël.