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"Ils sont tombés pour que nous puissions vivre ici" : témoignage du père de Kfir Franco, héros de Gaza
« Kfir, c’était un jeune Israélien, qui aimait intensément la terre et le peuple d’Israël »


À l’occasion de Yom Hazikaron, le témoignage de Haim Franco s’inscrit dans cette mémoire vive qui traverse la société israélienne. Son fils, Kfir Yitzhak Franco, officier de chars de Tsahal, est tombé en novembre 2023 dans le nord de la bande de Gaza, à l’âge de 22 ans, en combattant les terroristes du Hamas.
Dans une voix mêlée de fierté et de douleur, ce père évoque avant tout un jeune homme profondément attaché à son pays. « Kfir, c’était un jeune Israélien, qui aimait intensément la terre et le peuple d’Israël », raconte-t-il. Un amour vécu concrètement, à travers ses marches à travers le pays, notamment le sentier national qu’il a parcouru à plusieurs reprises, découvrant « la terre avec ses pieds » et tissant des liens humains forts .
Engagé comme officier dans les blindés, Kfir part au combat dès le 7 octobre, au lendemain de ses fiançailles. Pour son père, son choix ne faisait aucun doute : « il savait où il allait et pourquoi il se battait ». Dans ce récit, la guerre prend une dimension existentielle : « c’est une guerre de survie », affirme-t-il, estimant que le sacrifice de son fils et de ses camarades permet aujourd’hui encore aux Israéliens de vivre libres.
Mais au-delà du deuil, Haim Franco insiste sur le sens à donner à cette perte. Pour lui, Yom Hazikaron n’est pas seulement un regard tourné vers le passé, mais une « sanctification de l’héroïsme » vécue au présent. « Nous vivons ici aussi grâce à eux », répète-t-il, rappelant que ces jeunes soldats incarnent « la gloire du pays aujourd’hui ».
Dans cette volonté de transmettre, la famille a créé le « Kerem Kfir », un vignoble planté dans les montagnes de Judée. Un lieu de vie, de rencontre et de contemplation, fidèle à l’esprit de Kfir. « C’est exactement ce qu’il voulait : que les gens viennent, découvrent la terre, soient heureux ensemble », confie son père.
Ainsi, au cœur du deuil, émerge une forme de continuité : faire vivre la mémoire à travers la vie elle-même.