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Iran–Israël : Meir Litvak relativise le risque d’escalade militaire et de chute du régime
Il estime que, malgré les tensions régionales et la crise profonde qui secoue l’Iran, le risque d’une attaque directe contre Israël demeure limité.


Intervenant sur i24NEWS, le professeur Meir Litvak, directeur du Centre Alliance pour les études iraniennes à l’Université de Tel-Aviv, a livré une analyse nuancée de la situation en Iran, tant sur le plan sécuritaire que politique, à la lumière des déclarations récentes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
S’agissant d’un éventuel scénario d’attaque iranienne contre Israël, Litvak reconnaît l’existence d’une crainte à Jérusalem, notamment celle de « mauvais calculs » pouvant conduire à une escalade non désirée. Toutefois, il juge ce risque limité. « Le régime iranien est brutal et idéologiquement hostile à Israël, mais il n’est pas stupide », souligne-t-il. Selon lui, une attaque directe contre Israël n’apporterait aucune solution aux graves problèmes économiques de l’Iran et ne ferait qu’aggraver la situation du régime après une riposte militaire inévitable.
Le chercheur estime ainsi que, malgré les tensions, Téhéran agit de manière pragmatique lorsqu’il s’agit de sa survie. Même le guide suprême Ali Khamenei, décrit comme extrémiste et profondément anti-israélien, reste un dirigeant calculateur, conscient des conséquences d’un affrontement ouvert.
Sur le plan intérieur iranien, Meir Litvak explique pourquoi la vague actuelle de protestations suscite davantage d’attention que les précédentes. L’Iran traverse, selon lui, une « tempête parfaite », marquée par une crise économique aiguë, les effets des sanctions internationales, des déficits budgétaires, l’effondrement de la monnaie et une hyperinflation persistante. À cela s’ajoutent une pénurie d’eau sévère et des coupures d’électricité, accentuant le désespoir de la population.
Néanmoins, l’historien appelle à la prudence. À ce stade, les manifestations ne rassemblent pas de masses comparables à celles de 2009 ou de la période révolutionnaire de 1978-1979. Les grandes catégories sociales — ouvriers, fonctionnaires, entrepreneurs — ne se sont pas encore jointes au mouvement. « Il est beaucoup trop tôt pour annoncer la chute du régime », conclut-il, rappelant que les bouleversements majeurs en Iran s’inscrivent dans le temps long.