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Walid Phares : entre pression militaire et négociations, une stratégie à haut risque face à l’Iran
Il a mis en garde contre un jeu risqué que l’Iran pourrait exploiter et contre un facteur nouveau : l’irruption du peuple iranien dans l’équation du conflit.


Pour Walid Phares, expert en politiques étrangères, la dynamique actuelle du conflit avec l’Iran révèle une stratégie américaine bien plus ciblée qu’une simple perspective d’invasion. Selon lui, les déploiements militaires observés ne visent pas à conquérir l’ensemble du territoire iranien, mais plutôt à sécuriser des points névralgiques, notamment des îles stratégiques du Golfe persique et potentiellement l’île de Kharg, essentielle pour les exportations pétrolières de Téhéran.
L’analyse met en lumière une approche hybride : combiner pression militaire et ouverture diplomatique. Washington chercherait à maintenir plusieurs leviers simultanément, en frappant des cibles clés tout en laissant une porte ouverte aux négociations. Mais pour Walid Phares, ce double jeu comporte un risque majeur. Téhéran pourrait exploiter les discussions pour gagner du temps, ralentir les opérations militaires et prolonger le conflit à son avantage.
Au cœur de cette équation se trouve la logique politique du président Donald Trump. Selon l’expert, l’objectif principal reste d’obtenir une issue pouvant être présentée comme une victoire, qu’il s’agisse d’un accord diplomatique ou d’un affaiblissement significatif du régime iranien. Cette flexibilité stratégique pourrait cependant se heurter aux réalités du terrain et aux contraintes du calendrier politique américain.
Walid Phares insiste également sur un facteur nouveau et déterminant : le rôle du peuple iranien. Contrairement aux précédentes crises, les tensions internes semblent s’intensifier, avec un nombre élevé de victimes et une fracture croissante entre la population et le régime. Cette dimension introduit une variable imprévisible, susceptible de transformer le conflit en une crise interne majeure.
Dans ce contexte, toute prolongation des négociations pourrait ouvrir la voie à une escalade indirecte, voire à l’implication d’acteurs extérieurs cherchant à soutenir des mouvements internes. Pour Walid Phares, la situation actuelle dépasse donc le simple affrontement militaire : elle s’inscrit dans une recomposition stratégique régionale, où chaque décision pourrait avoir des conséquences durables et difficilement contrôlables.