- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- Walid Phares : l’Iran est affaibli militairement mais renforcé politiquement par le cessez-le-feu
Walid Phares : l’Iran est affaibli militairement mais renforcé politiquement par le cessez-le-feu
Malgré des pertes militaires importantes, le régime iranien conserve sa capacité de résilience et mise sur le temps et les calculs politiques américains pour préserver ses intérêts.


L’analyste en politique étrangère Walid Phares livre une lecture critique du rapport de force actuel entre Washington et Téhéran, estimant que le cessez-le-feu pourrait paradoxalement offrir un répit stratégique au régime iranien. « Je dirais malheureusement oui », affirme-t-il lorsqu’il est interrogé sur l’idée d’un « second souffle » accordé à la République islamique, malgré les pertes militaires subies.
Selon lui, l’Iran a certes encaissé des coups sévères : élimination de cadres, affaiblissement de l’appareil militaire, pertes significatives dans les capacités balistiques. « Pas d’aviation, pas de marine, plus de la moitié des missiles balistiques détruits », énumère-t-il. Mais cette dégradation ne s’est pas traduite par un effondrement du régime. « C’est une pyramide », explique-t-il, soulignant que les échelons inférieurs restent occupés par des cadres idéologiquement alignés, garantissant la continuité du pouvoir.
Pour Walid Phares, la stratégie iranienne est claire : « gagner du temps ». Téhéran miserait sur les contraintes politiques internes américaines, notamment à l’approche des élections de mi-mandat, pour desserrer l’étau. « Ils pensent que l’administration Trump sera sous pression », avance-t-il, expliquant que les concessions iraniennes seront avant tout tactiques, « sur le papier », et difficilement vérifiables.
Dans ce contexte, l’expert met en garde contre une illusion diplomatique. L’Iran, affirme-t-il, ne renoncera ni à ses alliances régionales, notamment avec le Hezbollah, ni à ses ambitions stratégiques. Au contraire, il chercherait à obtenir des allègements de sanctions en échange d’engagements limités et temporaires.
Walid Phares estime également que la décision de Donald Trump d’interrompre l’offensive militaire relève autant de considérations politiques qu’opérationnelles. Malgré des frappes « très puissantes » ayant infligé « une défaite très grande » à l’Iran, Washington aurait privilégié l’option diplomatique face à la perspective d’un enlisement.
En conclusion, l’analyste redoute un scénario comparable à celui de Gaza : un compromis temporaire laissant intactes les capacités de nuisance de l’adversaire. « Faire des promesses aujourd’hui pour mieux revenir demain », résume-t-il, décrivant un régime iranien patient, résilient et stratégiquement opportuniste.