À Lisbonne, l’art et la culture pour combattre l’antisémitisme
Né dans le sillage du 7 octobre, le projet Olà Bama s’impose à Lisbonne comme un espace de rassemblement pour la communauté juive, mêlant humour, musique et création.


À Lisbonne, un projet culturel singulier est né d’un sentiment partagé d’isolement et de solitude ressenti par de nombreux Juifs après le 7 octobre. Baptisé Olà Bama, ce projet artistique mêlant humour et musique s’est imposé comme un espace de rassemblement, de respiration et de résistance face à la montée de l’antisémitisme.
L’initiative est née de la volonté de créer un moment de joie et de cohésion pour la communauté juive locale, dans un pays où celle-ci demeure numériquement réduite. L’objectif était clair : offrir un lieu où l’on puisse se retrouver, rire ensemble, célébrer la culture juive et israélienne, et rompre avec le sentiment d’isolement renforcé par les événements récents et la violence des discours observés sur les réseaux sociaux.
Les premiers spectacles, réunissant notamment l’humoriste israélien Shachar Cohen et le violoniste Moshiko, ont rencontré un succès immédiat. Le public a exprimé un besoin profond de continuité, appelant à la multiplication de ces événements culturels. Olà Bama est ainsi devenu une structure à part entière, accueillant de nouveaux artistes et développant une programmation régulière à Lisbonne comme à Porto.
Au-delà du divertissement, le projet porte une dimension identitaire et symbolique forte : faire « briller » la communauté juive autrement, par la culture, l’art et la créativité. Dans un contexte international marqué par une recrudescence des actes antisémites, les fondatrices soulignent toutefois que le Portugal reste, pour l’heure, un pays où les Juifs se sentent en sécurité.
Cette perception explique en partie l’arrivée croissante de Juifs francophones et israéliens dans le pays, contribuant à l’élargissement et au dynamisme de la communauté locale. Holabama s’inscrit ainsi comme un point d’ancrage culturel, un lieu de lien et de transmission, où l’art devient un outil de résilience collective.