Edgar Morin, figure intellectuelle française et critique d’Israël, est mort à 104 ans
Philosophe, sociologue et théoricien de la « pensée complexe », il a marqué plusieurs générations d’intellectuels.


Le philosophe, sociologue et anthropologue français Edgar Morin est décédé le 29 mai à l’âge de 104 ans. Figure majeure de la pensée contemporaine, il laisse derrière lui une œuvre foisonnante consacrée à la sociologie, à la philosophie, à la politique et à ce qu’il appelait la « pensée complexe ».
Né Edgar Nahoum en 1921 à Paris dans une famille juive sépharade originaire de Salonique, il s’engagea dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale avant de devenir l’un des intellectuels les plus influents de la gauche française. Auteur de plus d’une centaine d’ouvrages traduits dans le monde entier, il a marqué plusieurs générations par son approche transdisciplinaire des grands enjeux contemporains.
Au-delà de son travail académique, Edgar Morin s’était également fait connaître pour ses prises de position politiques, notamment sur le conflit israélo-palestinien. Au début des années 2000, il avait suscité une vive polémique après la publication d’une tribune dénonçant la politique israélienne à l’égard des Palestiniens. Il y affirmait que « le peuple le plus persécuté de l’Histoire » était devenu à son tour « persécuteur », des propos qui lui avaient valu des poursuites judiciaires avant qu’il ne soit finalement relaxé en appel.
Ses critiques récurrentes d’Israël lui avaient attiré de nombreuses oppositions. Certains l’accusaient d’aveuglement face à l’antisémitisme contemporain et de minimiser la menace de l’islamisme, tandis que ses soutiens voyaient dans ses positions l’expression d’un engagement humaniste et universaliste.
Jusqu’à un âge avancé, Edgar Morin est resté une voix écoutée du débat public français. Son décès marque la disparition d’un intellectuel qui, pendant plus de sept décennies, a profondément influencé la réflexion philosophique, politique et sociologique en France et à l’étranger.