Marc Nakache, l’émotion et la transmission au cœur de "Racines"
Entre hommage, mémoire et transmission, l’artiste est revenu sur le sens profond de son spectacle "Racines", célébrant l’identité, l’exil et l’héritage des Juifs d’Afrique du Nord.


Invité ce lundi soir sur i24NEWS dans "Ça se débat", Marc Nakache a livré une intervention émouvante, mêlant actualité douloureuse et transmission culturelle. Interrogé d’abord sur le retour en Israël du corps de Ran Gvili, dernier otage assassiné à Gaza, l’artiste a évoqué une émotion intime et collective : « la fin d’un cauchemar », mais aussi une souffrance qui ne s’éteint pas. Sans pathos, Marc Nakache a parlé d’un deuil national, d’une blessure qui « s’arrête sans disparaître », saluant la mémoire d’un homme tombé pour son peuple.
Puis, le temps de l’entretien s’est déplacé vers ce qui constitue le cœur de son engagement artistique : la transmission. À travers le spectacle "Racines", porté avec ses frères, Marc Nakache raconte une histoire plurielle : celle des Juifs d’Algérie, de Constantine à Paris, de l’exil à la reconstruction. « Racines, c’est ce que nous sommes », explique-t-il : une identité façonnée par la culture arabo-andalouse, la langue, l’accent, la musique, mais aussi par une fidélité profonde au judaïsme et à Israël.
Sur scène, "Racines" mêle récit, musique et mémoire. Le Malouf, musique de l’enfance et de Constantine, y occupe une place centrale : « le bruit de l’enfance, c’est le bruit d’une vie entière ». Le spectacle retrace l’arrivée en France, gare de Lyon, ce quai qui marque non pas une fin mais un commencement. Une nouvelle vie, transmise aujourd’hui aux enfants, dans un esprit de fierté et de continuité.
Marc Nakache revendique une nostalgie lumineuse, jamais figée. Sa musique, dit-il, a évolué naturellement, sans calcul, tout en restant intemporelle. Elle porte des mots, des valeurs, une appartenance.
Entre émotion nationale et récit intime, Marc Nakache a rappelé une chose essentielle : la culture n’est pas un souvenir, mais un lien vivant. Et tant qu’elle se transmet, elle unit.