Israël : l'agence de notation Fitch redoute une paralysie politique prolongée
L'impasse électorale israélienne inquiète désormais les marchés financiers.


La crise politique israélienne menace de se transformer en casse-tête budgétaire. Trois jours après les élections législatives du 27 octobre, l'agence de notation Fitch a averti vendredi que l'absence de majorité parlementaire risquait de prolonger l'instabilité institutionnelle et de compromettre l'adoption du budget 2027.
Israël conserve pour l'heure sa note souveraine « A », assortie d'une perspective négative. Une appréciation qui traduit le risque d'une future dégradation, sans constituer une nouvelle sanction immédiate.
De nouvelles élections dès avril 2027 ?
Selon Fitch, le scénario le plus probable serait une dissolution de la Knesset début janvier, suivie d'un nouveau scrutin début avril. Une prévision, et non un calendrier électoral arrêté.
En attendant, le gouvernement sortant pourrait rester chargé des affaires courantes, sans disposer d'une majorité suffisante pour adopter un nouveau budget.
Cette situation contraindrait l'État à fonctionner selon un mécanisme budgétaire provisoire, limitant les dépenses mensuelles sur la base du précédent exercice.
Une dette publique qui continue de peser
Paradoxalement, ces restrictions pourraient réduire temporairement le déficit. Mais Fitch prévient qu'une telle amélioration, résultant d'un blocage politique plutôt que de réformes structurelles, ne constituerait pas un véritable assainissement des finances publiques.
L'agence anticipe également une poursuite de la hausse modérée du ratio dette publique/PIB, l'un des principaux facteurs justifiant sa perspective négative.
Le précédent des années 2020-2021, durant lesquelles Israël avait fonctionné sans budget nouvellement adopté, illustre les difficultés d'une telle situation.
Au-delà des rivalités partisanes, l'enjeu est désormais économique. Une nouvelle dégradation de la note souveraine pourrait renchérir le coût des emprunts publics et, indirectement, celui du crédit pour les entreprises et les ménages.
Pour Israël, l'absence de majorité politique risque ainsi de se traduire par une incertitude financière persistante.