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Élections en Israël : des sondages très divergents, aucun camp assuré d’une majorité
Les premières estimations seront publiées ce soir à 22 heures, à la fermeture des bureaux de vote mais pourraient fortement évoluer dans la nuit.


Quel visage aura Israël au lendemain des élections ? Ce mardi 27 octobre, quelque 7,3 millions d’électeurs sont appelés à renouveler les 120 sièges de la Knesset, au terme d’une campagne dominée par les questions sécuritaires, les conséquences du 7 octobre et l’avenir politique de Benjamin Netanyahou.
À quelques heures du verdict, les derniers sondages témoignent d’une incertitude exceptionnelle. Et pour cause : selon les instituts, le rapport de force entre le Premier ministre sortant et son principal adversaire, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, varie considérablement.
Selon le dernier sondage i24NEWS/Direct Polls, publié vendredi, le bloc soutenant Benjamin Netanyahou recueillerait 59 sièges, à seulement deux mandats de la majorité absolue. Le camp opposé au Premier ministre en obtiendrait 47, tandis que les partis arabes totaliseraient 14 sièges.
Mais le paysage change sensiblement lorsqu’on consulte les autres chaînes israéliennes. Les sondages de Kan 11, des chaînes 12 et 13 attribuent seulement 50 sièges au bloc Netanyahou, tandis que le camp adverse en obtiendrait entre 52 et 56. Ils placent également Yashar devant le Likoud.
À l’inverse, la chaîne 14 attribue 62 sièges au bloc de droite, soit une majorité absolue. Des projections contradictoires qui illustrent l’ampleur des incertitudes à l’approche du scrutin.
L’une des principales explications de ces écarts tient au sort des petites formations. Le parti Amkha Israël de l’ancien général Ofer Winter obtiendrait ainsi quatre sièges selon i24NEWS, mais resterait sous le seuil électoral de 3,25 % dans les enquêtes des chaînes 11, 12 et 13.
Autre inconnue majeure : les électeurs indécis. Selon le dernier sondage de Kan, 36 % des personnes interrogées n’avaient pas encore définitivement choisi leur parti. Une proportion qui pourrait peser sur le résultat final. Au-delà du classement des partis, c’est la capacité à réunir une majorité de 61 députés qui constitue le véritable enjeu.
Dans un entretien à la radio 103FM, Gadi Eisenkot a exclu de gouverner sous l’autorité de Netanyahou, y compris dans le cadre d’un accord de rotation : « Absolument pas », a-t-il affirmé.
Mais les négociations pourraient s’avérer complexes. Selon une enquête de Kan, 27 % des personnes interrogées privilégieraient un gouvernement d’union nationale en cas d’impasse, autant souhaiteraient de nouvelles élections et 26 % soutiendraient un gouvernement minoritaire.
Cette incertitude ravive le souvenir de la longue crise politique qui avait paralysé Israël à partir de 2019. Entre avril 2019 et novembre 2022, les Israéliens avaient été appelés cinq fois aux urnes, faute de majorité parlementaire durable.
Les deux premiers scrutins, en avril et septembre 2019, n’avaient débouché sur aucun gouvernement. Après les élections de mars 2020, Benjamin Netanyahou et Benny Gantz avaient finalement formé un gouvernement d’union, qui s’était effondré quelques mois plus tard.
Une quatrième élection avait suivi en mars 2021, puis une cinquième en novembre 2022, permettant finalement à Netanyahou de revenir au pouvoir avec une coalition majoritaire.
Les premières estimations seront publiées ce soir à 22 heures, à la fermeture des bureaux de vote mais pourraient fortement évoluer dans la nuit.