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Élections en Israël : victoire historique des partis arabes, aucun bloc ne disposerait d'une majorité
Avec 17 à 18 sièges annoncés, les partis arabes réaliseraient une percée spectaculaire, tandis que ni le bloc de Benjamin Netanyahu ni celui de ses adversaires ne parviendrait à obtenir la majorité


Selon les projections diffusées mardi soir par les chaînes israéliennes, les partis arabes apparaissent comme les grands gagnants du scrutin. La Liste commune obtiendrait entre 10 et 11 sièges et Ra’am, dirigé par Mansour Abbas, environ 7 sièges. Ensemble, ils pourraient compter jusqu’à 18 députés à la Knesset, contre seulement 10 dans le Parlement sortant.
"C'est un jour historique", s'est réjoui Yousef Jabareen, sa tête de liste. "Nous sommes une force politique avec laquelle il va falloir compter".
Cette progression spectaculaire constitue un succès politique majeur pour les citoyens arabes d’Israël, qui représentent environ 20 % de la population. Elle témoigne d’une mobilisation électorale importante et d’une volonté de peser davantage sur les décisions nationales. 80 % des électeurs inscrits ont voté dans la communauté arabe, un record.
Une Knesset sans majorité
Les sondages confirment parallèlement l’impasse dans laquelle se trouvent les deux grands camps politiques. Le bloc de Benjamin Netanyahou recueillerait environ 50 sièges selon les chaines, tandis que celui de ses opposants, notamment autour de Gadi Eisenkot, atteindrait 52 à 53 députés. Aucun des deux ne disposerait donc de la majorité absolue de 61 sièges.
Le Likoud resterait le premier parti avec 24 à 27 élus, mais cette première place ne garantirait nullement à Netanyahou de pouvoir former un gouvernement. Pour le Premier ministre sortant, ces projections représenteraient un sérieux revers. Malgré la solidité de son électorat, ses alliés traditionnels ne lui permettraient pas de conserver une majorité parlementaire. Mais l’opposition ne serait guère mieux placée. Même en devançant le bloc Netanyahu, elle resterait incapable de gouverner seule.
Dans cette configuration, les partis arabes pourraient devenir incontournables. Leur soutien, direct ou indirect, permettrait mathématiquement à l’opposition de franchir le seuil des 61 sièges.
Reste un obstacle politique majeur : plusieurs dirigeants opposés à Netanyahou, notamment Naftali Bennett et Avigdor Liberman, ont jusqu’ici refusé toute coalition dépendant des formations arabes. Mansour Abbas, qui avait déjà participé à la coalition Bennett-Lapid en 2021, pourrait néanmoins jouer un rôle central dans les négociations à venir.
La situation pourrait ainsi contraindre certains responsables politiques à reconsidérer leurs lignes rouges, sous peine de prolonger le blocage institutionnel. Les chiffres cités proviennent des sondages de sortie des urnes et devront être confirmés par les résultats officiels.