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Élections israéliennes : la police contredit les accusations de fraude massive du Likoud
Dans un communiqué particulièrement virulent, le Likoud avait affirmé que les élections avaient été « volées » par des partis arabes


La polémique autour des résultats des élections législatives israéliennes prend une nouvelle tournure. Alors que le Likoud de Benjamin Netanyahou dénonçait mercredi des fraudes électorales massives dans plusieurs bureaux de vote arabes, la police israélienne a indiqué jeudi qu'aucun élément d'enquête ni aucun renseignement ne venait confirmer ces accusations.
« La journée électorale s'est déroulée avec un nombre limité d'incidents inhabituels liés à la régularité du scrutin, y compris par rapport aux élections précédentes », a précisé la police dans un communiqué. Selon une source policière, le nombre d'incidents signalés aurait même diminué de près de 40 % par rapport au précédent scrutin.
Une mise au point qui contraste fortement avec les accusations formulées la veille par le parti de Benjamin Netanyahou. Dans un communiqué particulièrement virulent, le Likoud avait affirmé que les élections avaient été « volées » par des partis arabes qu'il accuse de soutenir le terrorisme et de vouloir détruire l'État juif.
Le parti assurait avoir transmis à la police, au Shin Bet et à la Commission électorale centrale des centaines de témoignages et d'éléments présentés comme des preuves d'irrégularités dans de nombreux bureaux de vote arabes.
Parmi les pratiques dénoncées figuraient notamment la distribution présumée d'enveloppes contenant de l'argent liquide accompagnées de bulletins du parti Ra'am, des menaces et violences contre des responsables électoraux, des usurpations d'identité, des incohérences entre le nombre d'enveloppes et celui des votants, ainsi que l'utilisation de logiciels interdits pour mobiliser les électeurs.
Dénonçant « une grave atteinte à la démocratie israélienne », le Likoud avait exigé l'ouverture immédiate d'une enquête approfondie et des poursuites contre les responsables présumés.
De son côté, la Commission électorale centrale avait annoncé mercredi avoir reçu la demande du Likoud et procéder à son examen. Elle avait toutefois précisé que cette vérification s'inscrivait dans une procédure habituelle, organisée après chaque scrutin, et non dans une enquête exceptionnelle déclenchée par ces accusations.
Son directeur général par intérim avait d'ailleurs informé l'ensemble des listes de ce dispositif dès le 25 octobre, soit deux jours avant les élections.
Cette controverse intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Selon les derniers résultats provisoires, avec 90,4 % des suffrages dépouillés, le bloc de Netanyahou obtiendrait 53 sièges, contre 48 pour celui de Gadi Eisenkot, tandis que les partis arabes totaliseraient 19 sièges.
Aucun des deux principaux camps ne dispose donc de la majorité de 61 sièges nécessaire pour gouverner, plaçant potentiellement les formations arabes au cœur des négociations pour la constitution d'une coalition.
Alors que le dépouillement des enveloppes doubles doit encore être intégré aux résultats, la police affirme ainsi ne disposer, à ce stade, d'aucun élément permettant de corroborer les accusations de fraude généralisée avancées par le Likoud.