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Enquête électorale : la procureure générale refuse au Shin Bet d'interroger des députés arabes
"Sans soupçon raisonnable, je n'autoriserai pas l'interrogatoire d'une personne en tant que suspect, et encore moins celui d'un député", a fait savoir la procureure générale Gali Baharav-Miara


Une violente confrontation verbale a opposé le directeur du Shin Bet, David Zini, à la procureure générale d'Israël, Gali Baharav-Miara, au sujet de l'ouverture d'enquêtes visant plusieurs responsables politiques arabes. Selon des échanges révélés mercredi soir, le chef du service de sécurité intérieure a exigé l'autorisation d'interroger quatre personnalités politiques, malgré l'absence d'éléments jugés suffisants pour justifier une telle procédure.
"Laissez-moi interroger les députés", a demandé David Zini. Une requête immédiatement rejetée par Gali Baharav-Miara : "Sans soupçon raisonnable, je n'autoriserai pas l'interrogatoire d'une personne en tant que suspect, et encore moins celui d'un député." Le directeur du Shin Bet a répliqué que des enquêtes avaient déjà été autorisées sur la base de soupçons moins importants, avant d'insister : "Laissez-moi enquêter, et alors nous aurons des soupçons raisonnables."
David Zini a défendu sa position en invoquant des risques pour la démocratie israélienne et des enjeux de sécurité nationale. Une argumentation contestée par le chef de la division des enquêtes de la police, Boaz Balet, également présent lors de cet échange particulièrement tendu. "En agissant de manière inappropriée, c'est précisément le Shin Bet qui risque de porter atteinte à la démocratie", a-t-il averti.
La procureure générale a également insisté sur la nécessité de consulter la police avant toute décision. "Quel rapport la police a-t-elle avec une enquête de sécurité ?", lui a demandé David Zini. "La corruption électorale impliquant des cartes de carburant ne relève pas d'une enquête de sécurité", lui a répondu Gali Baharav-Miara, contestant ainsi la qualification sécuritaire avancée par le chef du Shin Bet.
Ces révélations interviennent dans le cadre des soupçons d'ingérence étrangère et d'irrégularités entourant les élections législatives israéliennes. David Zini souhaite notamment interroger Ahmed Tibi, Mansour Abbas et Sami Abu Shehadeh, sans avoir présenté à ce stade d'éléments probants suffisants les concernant. Le cas d'Ayman Odeh fait toutefois l'objet d'une appréciation différente : une note écrite exposant les soupçons à son encontre a été transmise aux autorités judiciaires, qui reconnaissent l'existence de motifs justifiant son audition.