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« Il n’y aura rien, parce qu’il n’y a rien » : Mansour Abbas répond aux soupçons d’ingérence électorale
Le chef du parti Ra’am nie tout lien avec un financement qatari. Isaac Herzog réclame des investigations complètes, tout en appelant à ne pas stigmatiser les électeurs arabes.


Mansour Abbas a rejeté jeudi les accusations liant son parti à une tentative présumée d’influence sur les élections israéliennes par des financements étrangers. Le président de Ra’am a néanmoins salué la décision du président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, de faire examiner ces soupçons.
« Ra’am accueille favorablement la décision […] d’enquêter sur les soupçons de tentative d’influence illégitime sur les élections par des financements étrangers », a-t-il déclaré. Il a également accusé Benjamin Netanyahou de mener une campagne d’incitation et de délégitimation contre les citoyens arabes.
Reprenant une formule souvent employée par le Premier ministre, Mansour Abbas a lancé : « Il n’y aura rien, parce qu’il n’y a rien. » Il a ensuite visé les liens présumés de conseillers de Netanyahou avec le Qatar, affirmant : « Contrairement à vous, chez nous, c’est la vérité. »
Le Shin Bet a ouvert une enquête à la demande de Noam Sohlberg, qui a évoqué de « graves soupçons » d’influence indue par des financements étrangers provenant d’acteurs opposés aux intérêts israéliens. Selon le Jerusalem Post, les investigations portent notamment sur d’éventuels circuits financiers liés au Qatar et à la Turquie. Ces pistes restent à vérifier et ne démontrent pas, à ce stade, une implication de Ra’am.
Le président Isaac Herzog a demandé que les éléments et les soupçons soient examinés jusqu’au bout. « L’intégrité des élections est une valeur démocratique suprême », a-t-il souligné, avant de mettre en garde contre toute généralisation : « Nous devons éviter de salir tout un public qui a cherché à exercer son droit de vote et à participer activement à la démocratie. »
Dans l’opposition, Gadi Eisenkot et Naftali Bennett ont soutenu la nécessité d’une enquête, tout en accusant Benjamin Netanyahou d’exploiter les soupçons pour fragiliser la confiance dans le scrutin. Eisenkot a notamment averti contre toute tentative de retarder la publication des résultats ou l’entrée en fonction de la nouvelle Knesset.
À l’inverse, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a réclamé l’arrestation des responsables de partis arabes soupçonnés d’implication, à condition qu’une base légale le permette. Avigdor Liberman a également demandé que les dirigeants des formations arabes soient interrogés par le Shin Bet.