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Ingérence étrangère dans les élections : la procureure générale réaffirme ne disposer d'aucune preuve
Elle a toutefois précisé que l'enquête restait ouverte et que toute nouvelle information serait examinée conformément à la loi.


Alors que les soupçons d'ingérence étrangère dans les élections israéliennes continuent de provoquer de vives tensions au sein des institutions, la procureure générale et conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, a tenu à clarifier la situation. Ce dimanche, elle a affirmé ne disposer d'aucun élément permettant de penser que les résultats du scrutin du 27 octobre pourraient être remis en cause.
S'exprimant lors d'un séminaire annuel du ministère de la Justice à Eilat, Gali Baharav-Miara a souligné qu'aucune preuve portée à sa connaissance, même indirecte, ne permettait d'établir une ingérence susceptible de modifier l'issue des élections.
Elle a toutefois précisé que l'enquête restait ouverte et que toute nouvelle information serait examinée conformément à la loi.
Ces déclarations interviennent quelques jours après une confrontation particulièrement tendue avec le directeur du Shin Bet, David Zini, au sujet des investigations portant sur d'éventuels financements étrangers destinés à influencer le vote, notamment au sein de l'électorat arabe.
Le chef du service de sécurité intérieure souhaitait en effet élargir les moyens d'investigation de son organisation en qualifiant l'ensemble du dossier d'affaire relevant de la sécurité nationale. Il aurait également demandé l'autorisation d'interroger plusieurs responsables de partis arabes, sans avoir présenté, selon la conseillère juridique, les éléments suffisants pour justifier ces auditions.
Gali Baharav-Miara s'est opposée à cette démarche, rappelant que les pouvoirs d'enquête exceptionnels du Shin Bet ne pouvaient être utilisés sans fondement juridique approprié. Des soupçons de financement électoral illégal, a-t-elle notamment fait valoir, ne constituent pas automatiquement une atteinte à la sécurité nationale.
« Lorsqu'il existe des preuves suffisantes, les personnes concernées feront l'objet d'une enquête. Il ne s'agit pas d'une question de droite ou de gauche, ni d'appartenance religieuse », a-t-elle déclaré dimanche.
Elle a insisté sur le caractère strictement professionnel des décisions judiciaires : « La décision d'enquêter ou non sur une personne est une décision professionnelle, objective et égalitaire. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi. »
Le différend avait pris une dimension publique lorsque la procureure générale avait accusé le Shin Bet de retarder la transmission des renseignements recueillis à l'équipe d'enquête commune constituée avec la police. David Zini défendait, pour sa part, la nécessité d'approfondir les investigations face à des soupçons qu'il jugeait sérieux.
Face à cette crise institutionnelle, le président Isaac Herzog était intervenu personnellement auprès des deux responsables. Une rencontre organisée par la suite au siège du Shin Bet avait permis d'apaiser les tensions, sans toutefois régler leurs divergences sur les méthodes d'enquête.
Depuis, le service de sécurité intérieure a commencé à transmettre progressivement ses éléments à la police, chargée de poursuivre les investigations.
Gali Baharav-Miara a également assuré que le président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, resterait informé de l'évolution du dossier.
Ce dernier avait déjà affirmé que les élections à la 26e Knesset s'étaient déroulées régulièrement et que les soupçons actuellement examinés ne justifiaient pas de remettre en cause les résultats officiels.